Ottawa se tourne vers le GlobalEye !
- Avia news

- 29 mai
- 4 min de lecture
Le Canada a sélectionné le GlobalEye de Saab/Bombardier en tant qu’avion d’alerte lointaine, un choix pas uniquement politique, mais surtout technique.

Le GlobalEye @ Saab
L’objectif
L’Aviation royale du Canada (ARC) va moderniser ses capacités de détection et de contrôle aéroportées suite à la sélection de la plateforme GlobalEye de Saab pour un contrat de plus de 5 milliards de dollars canadiens. Annoncé au Congrès canadien de la sécurité nationale (CANSEC) par le premier ministre Mark Carney, cet achat stratégique lance les négociations officielles pour 6 aéronefs. L’avionneur suédois Saab a été sélectionné face au Boeing E-7 « Wedgetail » et au L3Harris Aeris X. Le contrat de défense prévoit un important partage des travaux avec l’industrie, avec l’utilisation de cellules d’avions d’affaires Bombardier Global 6500 fabriquées au Canada. Les accords de production garantissent qu’un tiers des opérations d’assemblage seront effectuées au Canada, préservant ainsi des milliers d’emplois dans le secteur aérospatial canadien.
Ce système d'alerte avancée aéroporté multidomaine comble directement des lacunes critiques dans l'infrastructure de défense continentale des secteurs opérationnels du NORAD du Nord. Le Canada ne possède actuellement aucune flotte souveraine de commandement et de contrôle aéroporté, ce qui le contraint à dépendre fortement des réseaux radar terrestres fixes et des moyens de surveillance américains. Le radar intégré Saab Erieye offre des performances de suivi complètes contre les missiles de croisière à basse altitude, les drones et les menaces à signature radar réduite. Opérant à haute altitude, ce système basé sur un moteur Bombardier étend l'horizon opérationnel du radar sur les vastes approches maritimes de l'Arctique. La plateforme combine le renseignement électromagnétique avancé, le radar et le traitement des données par intelligence artificielle pour exécuter des missions de reconnaissance tactique complexes. Cette acquisition va permettre trois améliorations : une couverture radar arctique permanente, une capacité de commandement et de contrôle aéroportée souveraine et une surveillance maritime à longue portée dans les approches nordiques et atlantiques.
Le choix
La décision canadienne d’opter pour la solution suédoise du GlobalEye est perçue par certains observateurs comme une réponse politique aux agressions répétées de l’administration Trump. Certes, ce n’est pas entièrement faux, mais la réalité de la décision est plus technique et profonde qu’il n’y parait. Il faut se rappeler que le Canada a opté pour ses patrouilles maritimes du Boeing P-8A « Poseidon » tandis que la solution nationale portée par l'avionneur Bombardier a été durement rejetée. En cause un projet qui n’existait qu’à l’état d’étude préliminaire. À la suite du choix de l’avion américain, le gouvernement avait promis de rendre la pareille à Bombardier.
De fait, le Boeing E-7 partait avec un désavantage dans la course dès le départ. Durant l’évaluation, les équipes canadiennes ont dû faire face à plusieurs informations contradictoires avec une réévaluation technique du E-7 pour l’US Air Force, puis l’annonce du département d’État de l’abandon du projet créant une incertitude quant aux coûts de maintien en condition opérationnelle à long terme, les économies d'échelle attendues liées aux achats américains ayant disparu. L'OTAN a de son côté rouvert l'examen des alternatives pour le programme de surveillance et de contrôle futurs de l'Alliance, après avoir initialement sélectionné l'E-7 en 2023. Finalement le retour en grâce du E-7 à Washington a relancé le projet, mais bien trop tard. Tous ces éléments n’avaient rien de très rassurant. À contrario le système GlobalEye a avancé en maturité et les exemplaires en service donnent pleine satisfaction.
Choisir le GlobalEye permet de satisfaire l’avionneur Bombardier et de pérenniser des emplois au Canada tout en s’assurant d’obtenir un système offrant un excellent rapport coût. La cellule plus compacte du Global 6500 permet de réduire les besoins en piste, les coûts d'exploitation, la taille de l'équipage et la consommation de carburant avec une autonomie de 11 à 13 heures et un rayon d'action supérieur à 11 000 km. En prime, le gouvernement Carney peut jouer une carte politique face à l’administration Trump.
Saab GlobalEye

Basé sur la famille d'avions Global 6000/6500 de Bombardier, le GlobalEye combine le radar Erieye Extended Range de Saab avec une combinaison avancée de capteurs et un système de commande et de contrôle (C2) multi-domaines.
Le radar Erieye Extended Range (ER) du GlobalEye est un radar de surveillance aéroporté à longue portée de nouvelle génération, assurant une surveillance simultanée de l'air, de la mer et de la terre. C'est le résultat du développement continu par Saab du concept Erieye, augmentant la portée de détection de 70 % contre des cibles aériennes « furtives » peu observables. Détecter des cibles aériennes peu observables à longue distance n'est pas facile. Cela nécessite un gros radar, une grosse antenne à haute puissance. L’Erieye ER est basé sur la technologie GaN pour permettre la haute puissance nécessaire. Le radar Erieye ER est construit sur des capteurs AESA multicanaux où la direction de balayage est dirigée électroniquement et permet également une puissance de sortie plus élevée pour augmenter les performances de portée. La surveillance aérienne à longue portée possède de manière unique la vitesse, la portée et la flexibilité nécessaires pour fournir ces informations dans les airs, sur mer et sur terre.
L'énorme quantité de données gérées par le GlobalEye doit être traitée rapidement et efficacement pour permettre une identification instantanée des modèles et des déviations susceptibles d'affecter le cours des événements. La fonctionnalité d'intelligence artificielle (IA) et l'apprentissage automatique permettent une analyse puissante des données en temps réel et constituent un complément solide à l'intelligence intégrée au système de commande et de contrôle.
Adapté sur le jet d'affaires à très long rayon d'action Global 6000/6500, le système GlobalEye permet une autonomie jusqu’à 11 heures de vol avec une portée de plus de 550 km.




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