La défense aérienne au cœur du PA26 !
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Le ministre de la Défense Martin Pfister a présenté le programme d’armement 2026, pour un total de 3,4 milliards de francs. La défense aérienne aura la part belle.

Tir d'un IRIS-T SLM @ Diehl Defense
Le détail
On attendait une réaction en vue du renforcement de la défense aérienne, il semble qu’une réaction soit « enfin » prise en compte. En mettant la priorité sur l’extension de la défense sol-air, la protection contre les drones et le développement de capacités supplémentaires dans le cyberespace, le Conseil fédéral renforce la défense contre les menaces les plus probables, à savoir les attaques à distance et les conflits hybrides. Il était temps, reste que les deux chambres devront encore donner leur accord.
Des batteries IRIS-T SLM additionnelles

Lanceur IRIS-T SLM @ Diehl Defense
Deux batteries de système moyenne portée Diehl Defense IRIS-T-SLM sont au menu et viendront porter à 7 le nombre d’unités de feu disponibles Les 5 premières ayant été acquises avec le programme 2024.
L'unité de lancementIRIS-T SLM est basé sur un châssis de camion avec huit lanceurs en conteneurs.de missiles montés à l'arrière du camion. L'agencement des lanceurs deconteneurs de missiles se compose de deux rangées de quatre missiles. Enposition de tir, les lanceurs de missiles conteneurisés sont érigés en positionverticale à l'arrière du camion. Le missile est pulsé à l'éjection.
Le missile IRIS-T SLM estbasé sur le missile guidé air-air IRIS-T entré en service dans l'armée de l'airallemande en décembre 2005. L'IRIS-T dispose d'un autodirecteur infrarouge.haute résolution avec un large champ de vision permettant l'engagement aéroportéà courte et très courte distance, mais également l'interception à de plusgrandes distances. La cible peut être assignée par le radar embarqué ou par lavisière du casque du pilote. Les technologies de traitement d'image de pointegarantissent un contrôle précis en temps réel avec une précision optimale ainsiqu'une excellente résistance CEM couvrant également les lasers aveuglantsmodernes. Simultanément, le contrôle du vecteur de poussée offre unemaniabilité inégalée permettant l'engagement de cibles derrière l'avion. Laprécision exceptionnelle d'IRIS-T associée à une fusée de proximité radarpermet également l'interception des missiles adverses.
Le missile de l'IRIS-T SLMest équipé d'un moteur plus puissant. Le missile utilise un guidage parcommande radio supplémentaire (combinée à une correction inertielle parsatellite) dans la section de trajectoire principale avec une acquisition decible infrarouge de type CNS IIR dans la section finale. Il intègre unchercheur IR d'imagerie, un moteur-fusée optimisé pour le combat aérien, desailes et un contrôle combiné aérodynamique et vectoriel de poussée. Le fusiblede proximité radar assisté par autoguidage et l’ogive confèrent au missile unecapacité antimissile remarquable. Les fonctionnalités de suivi prédictif de latrajectoire de vol et de verrouillage après le lancement permettent au missiled'engager également des cibles dans l'hémisphère arrière. Les capacités IRCCMet DIRCCM d'IRIS-T sont inégalées et le missile ne nécessite littéralementaucun entretien.
Le missile a la capacité de détruire des avions, des hélicoptères, des missiles de croisière, des missiles air-sol, des missiles antinavires, des roquettes antiradars et des roquettes de gros calibre. Il présente également une forte probabilité de tir mortel contre les drones et autres menaces manœuvrantes. Il a une portée de tir de 40 km à une altitude allant jusqu'à 20 km.
Une batterie d'IRIS-T SLcomprend trois camions lanceurs, un radar AESA multifonctionnel pour assurer lesuivi des cibles, un camion de poste de commandement.
Le radar HENSOLDT TRML-4D de type AESA en bande assure la surveillance et le suivi de plus de 1 500 cibles en parallèlenotamment des avions de chasse (portée de suivi > 120 km) et des missiles supersoniques (portée de suivi > 60 km).
Le système offre de multiples fonctionnalités, notamment la catégorisation des cibles, la recherche et le suivi guidé, l'indication de destruction et le suivi de survol.
Ce système de capteurspeut être transporté sur des camions tout-terrain L'IVECO Trakker équipés deconteneurs ISO de 20 pieds.
Le lancement rapide du suivi réduit le temps deréaction.
Confirmation rapide du suivi pour une affectation rapide des armes
Suivi de votre propre arme
La précision du suivi augmente la probabilité d'impact.
Concept unique de multifaisceaux simultanés et traitement Doppler pour des performances fiablesde toutes les tâches opérationnelles à des taux de rafraîchissement élevés.
Excellentes performances,même dans des environnements complexes et des densités de cibles élevées.
Prise en charge des systèmes de missiles sol-air à courte et moyenne portée.
Conçu pour un fonctionnement continu et hautement disponible.
Défense sol-air courte portée

Système Skynex 30 @ Rheinmetall
La défense sol-air dispose actuellement de deux systèmes de défense aérienne de courte portée, soit système lance-missile léger de défense contre avions Stinger (MANPAD) et le canon de défense contre avions 35 mm et le radar Skyguard. Ces systèmes peuvent être engagés.
jusqu’à 3000 mètres au-dessus du sol, ils permettent avant tout de combattre les hélicoptères de combat et, dans une moindre mesure, les drones. Ils devront être bientôt remplacés. Pour ce faire, il est prévu d’acquérir un premier lot limité de 8 systèmes Skynex 30 mobiles de Rheinmetall Air Defence AG, en Suisse.
Le système de défense aérienne moderne Skynex repose sur le principe de dissociation entre la surveillance de l'espace aérien et les effecteurs. Cette modularité permet de connecter les ressources nécessaires au réseau de commandement et de contrôle, en fonction de la mission.
Skynex permet l'intégration de systèmes radar de différents fabricants. Il offre également une grande flexibilité au niveau des effecteurs, permettant l'intégration d'une large gamme de systèmes de défense aérienne modernes. Seule la présence d'une unité de poursuite dédiée est requise.
Outre les capteurs et effecteurs individuels, les systèmes de défense aérienne existants peuvent également être intégrés à la nouvelle architecture en tant qu'unités de tir. La situation aérienne détectée est affichée sur une carte dans un centre de commandement et de contrôle distant, avec les capteurs et effecteurs positionnés sur le terrain, simplifiant ainsi l'attribution des cibles aux moyens de défense aérienne connectés au système. Le système a montré d’excellente capacité en Ukraine face aux drones d’attaques, notamment évoluant en essaims.
Caractéristiques principales
• Architecture système ouverte et modulaire
• Résistance accrue à la saturation
• Configuration fonctionnelle des effecteurs et capteurs individuels selon les exigences de la mission
• Système de commande et de contrôle flexible
• Compatibilité avec les unités de tir Oerlikon Skyguard® et Oerlikon Skyshield® existantes et la plupart des autres systèmes hérités
Le canon Revolver Gun Mk3 peut recevoir et traiter les données des radars de recherche et d'acquisition 3D et 2D. Grâce à la fonction de recherche sectorielle autonome du radar de poursuite en bande X intégré, le transfert de cible est simple, rapide et fiable. Le suivi et l'engagement des cibles sont calculés et exécutés automatiquement par l'ordinateur de conduite de tir intégré. L'attribution et l'engagement des cibles sont surveillés et contrôlés par un système de commande et de contrôle d'arme à distance.
• Capacité C-RAM
• Acquisition de cible flexible via radar de recherche 3D ou 2D
• Acquisition et suivi automatiques des cibles
• Fonction de chargement et de déchargement à distance
• Technologie AHEAD
• Aucune configuration requise grâce à l'unité de capteurs intégrée
• Monture ISO 1D
• Fonctionnement par tous les temps
À noter que ces systèmes seront montés sur un camion blindé, il sera également possible à l’avenir d’en équiper des blindés Piranha.
Lutte contre les mini-drones

Evaluation d'un brouilleur de drones @ DDPS
Une nouvelle étape concerne la lutte contre les mini-drones. La solution proposée comprend un système mobile, pouvant servir aussi bien à la détection qu’à la défense contre les mini-drones. Modulaire, le système peut être adapté à différentes formes d’engagement et aux exigences futures. Il présente un très bon rapport coût-efficacité, d’autant plus vu le prix avantageux des munitions utilisées.
par ses mécanismes de défense. Les risques en sont par conséquent réduits. Le système de défense est composé principalement de différentes sortes de capteurs, d’unités de contrôle et d’effecteurs qui repèrent les mini-drones, les identifient et les neutralisent, par exemple au moyen d’ondes électromagnétiques ou radar. Grâce à un logiciel d’analyse et de conduite, les données des capteurs sont fusionnées et les menaces traitées par ordre de priorité. Le système peut être augmenté par des composants optionnels, qui permettent de neutraliser les objets en approche à l’aide de drones intercepteurs ou de projectiles. Différents systèmes sont encore en évaluation.
Radar semi-stationnaire de moyenne portée
Depuis la fin des années 1980, l’Armée suisse dispose du radar tactique d’aviation. TAFLIR en complément au système de surveillance de l’espace aérien et de conduite de l’engagement Florako. Le TAFLIR permet de combler certaines lacunes dans l’image de la situation aérienne puisqu’il couvre des espaces hors du champ des
capteurs Florako. Sa technologie est toutefois ancienne et sa portée limitée à 100 km au maximum, raison pour laquelle il sera mis hors service fin 2028.
Afin de pouvoir détecter à un stade précoce et combattre des menaces à distance l'armée prévoit donc d’acheter un système radar moderne, d’une portée d’environ 200 km. Ce radar servira non seulement à surveiller l’espace aérien, mais aussi à donner l’alerte en cas de menace aérienne, par exemple par des drones ou des missiles.
Le DDPS ne précise pas le modèle choisi. Ce dernier sera de fabrication européenne et pourra être introduit rapidement.
Développement des capacités dans l’espace orbital

L'espace devient vital @ DDPS
Pour les forces armées, l’espace orbital gagne en importance à une allure fulgurante, notamment dans les domaines de l’aide au commandement, de la recherche d’informations et de la télécommunication. Pour l’heure, l’Armée suisse ne recourt que rarement à des prestations liées à l’espace orbital et dépend totalement dans ce domaine de fournisseurs commerciaux et de
coopérations avec d’autres États. Selon sa conception générale Espace orbital 9, dont le Conseil fédéral a pris acte le 8 octobre 2025, elle entend développer ses propres capacités dans ce domaine et ce, en agissant sur cinq aspects. Le premier point consiste à pouvoir établir une image de la situation dans l’espace orbital. C’est en observant
cet espace que l’armée acquerra une meilleure compréhension de ce qui s’y déroule, y compris des acteurs, des moyens et des menaces qui y jouent un rôle. Le deuxième axe de travail vise à renforcer la recherche d’informations. Les satellites d’exploration,
équipés de capteurs optiques et électroniques ou d’un radar permettront à l’armée de recevoir des informations en provenance de l’espace orbital à toute heure et qu'elles quelles que soient les conditions météorologiques. Elle sera ainsi en mesure d’affiner son
suivi de la situation et sa planification d’action. Le troisième aspect à améliorer est celui de la télécommunication, grâce à la création d’un système de communication redondant, basé sur des moyens spatiaux. Le quatrième axe de développement des capacités est celui de la navigation de précision. Cette dernière joue déjà un rôle.
primordial au quotidien, par exemple dans la navigation et la localisation des aéronefs et des véhicules terrestres. Cinquième axe de développement : enfin, la troupe doit pouvoir prendre des contre-mesures pour sa propre protection et pour la protection
des informations, que ce soit en se soustrayant à la détection de capteurs spatiaux ou en protégeant ses propres systèmes.
L’acquisition de renseignements au profit de l’armée et la garantie de sa capacité de conduite ne sont pas les seules fonctions des services spatiaux : ils peuvent aussi être utilisés par les autorités civiles, par exemple pour la gestion de crise.
La première étape de développement s’articule autour du projet Alpstar, lancé par la Suisse et réalisé par l’Agence spatiale européenne (European Space Agency, ESA). Il s’agit, d’une part, de créer un réseau coordonné de stations au sol, que pourront utiliser les services par satellite des États participant au projet et qui serviront à la coopération
internationale. D’autre part, un prototype de satellite d’exploration radar sera développé conjointement. Un design spécial lui offrira aussi des fonctions d’exploration électronique passive, notamment la localisation de stations radar ou d’émetteurs au sol. Il devrait à moyen terme atteindre la maturité de série industrielle permettant une acquisition à un prix intéressant. Pour l’instant, il faut créer l’infrastructure nécessaire au sol. Elle se compose de centres d’opérations servant entre autres à commander les satellites et à diffuser les données, mais aussi de stations d’observation grâce auxquelles l’armée peut établir une image actuelle de la situation dans l’espace orbital. La première phase de développement durera environ six ans, pour s’achever en principe au début des années 2030. Des capacités essentielles seront déjà disponibles à court terme. Des investissements supplémentaires sont prévus d’ici le milieu des
années 2030 afin de poursuivre le développement des capacités.
Le prototype du satellite d’exploration radar et l’infrastructure au sol seront tous deux réalisés en collaboration avec l’ESA et des États partenaires, ce qui permettra à l’armée de bénéficier des connaissances d’experts chevronnés et de réduire ainsi les
risques et les coûts. L’introduction se fera par étapes à partir de 2027.
Acquisition de l’avion de combat F-35A
Le Parlement a approuvé le 20 décembre 2019 l’arrêté fédéral relatif à l’acquisition de nouveaux avions de combat 14. Cette décision a été confirmée par votation populaire du 27 septembre 2020. Par conséquent, le volume de financement prévu pour l’acquisition des nouveaux avions de combat ne doit pas dépasser 6 milliards de francs
(selon l’indice national des prix à la consommation de janvier 2018). Fin 2025, cela correspondait à un volume de financement maximal de quelque 6,4 milliards de francs. Un crédit d’engagement de 6,035 milliards de francs a été autorisé avec le message sur l’armée 2022. Le Conseil fédéral avait déjà alors fait observer que la décision du peuple pourrait justifier un crédit d’engagement plus élevé.
Le Conseil fédéral demande un crédit additionnel de 394 millions de francs, ce qui correspond au volume de financement maximal selon l’arrêté de planification, déduction faite du crédit d’engagement déjà autorisé, en se fondant sur l’art. 27, al. 1, de la loi du 7 octobre 2005 sur les finances (LFC) 15.
Un crédit additionnel de 394 millions de francs devrait permettre à la Suisse d’acquérir selon toute probabilité 30 avions de combat de type F-35A au total, en l’état actuel des connaissances (février 2026). Le nombre exact ne pourra être formulé qu’une fois achevée la négociation des contrats entre le gouvernement américain et
les fabricants au sujet des avions et réacteurs restants pour les prochains lots de production.
Remarques
Au-delà de l'importance des systèmes qui seront acquis, il faut mentionner des achats encore limités en nombre et qui dénotent d'une capacité financière encore trop fragile.
Les autres éléments du PA26 concerne la guerre-électronique et l'achat du pistolet SiGP320.




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