30 F-35 seront acquis !
- Avia news

- 6 mars
- 3 min de lecture
En conférence de presse cet après-midi, le chef du DDPS Martin Pfister a donné quelques explications sur l’achat des F-35.

F-35 en vol @ LM
Le surcoût
L’armée suisse n’achètera que 30 avions de combat F-35, contre 36 initialement prévus, et ceci suite aux coûts imposés par le gouvernement Trump. En raison de ses coûts supplémentaires, invoqués, le crédit de 6,035 milliards de francs validé par le peuple n’est plus suffisant pour acheter le nombre d’avions prévu initialement.
Précisons d’emblée que nous achetons l’avion de gouvernement à gouvernement via un contrat et non à un président, que les coûts de l’inflation ont été pris en compte, ainsi que les variations du taux de change. Tous les avionneurs sont susceptibles d’être confrontés à des variations de l’inflation.
En matière d’achat, l’avion est groupé avec d’autres acheteurs internationaux et ceux acquis pour l’armée américaine. Le calcul est ensuite fait par rapport aux contrats. Au plus bas pour notre pays (prix pour le standard Block 3, mais nous recevrons le Block 4, d’où le prix fixe). Les clients comme la Grèce, par exemple, paient plein pot pour le standard Block 4, car commandé plus tard avec une liste de prix établie par rapport aux améliorations du nouveau standard.
Lors des négociations entre le gouvernement américain et l’avionneur, il s’agit donc d’équilibrer le prix moyen établi selon les contrats des divers acquéreurs, de tenir compte du nombre d’avions produits et des coûts de production, et bien entendu du potentiel d’inflation.
La problématique de l’inflation est connue depuis la fin du COVID. Elle est due à plusieurs facteurs, tels que le prix de l'acier comme exemple d'un matériau entrant dans la fabrication du F-35, sans oublier les matériaux de type « terres rares » (lanthanides, lanthane, cérium, praséodyme, néodyme, prométhium, samarium, europium, gadolinium, terbium, dysprosium, holmium, erbium, thulium, ytterbium et lutécium) qui sont indispensables dans la fabrication de divers éléments qui composent les capteurs et systèmes de haute technologie.
Chaque année, le gouvernement américain négocie avec Lockheed Martin sous pression du GAO (Cour des comptes US) le meilleur prix pour les lots de F-35 à produire. En ressort un prix fixe. À ce jour, les prix des lots ont toujours baissé, et ce, car Lockheed Martin a cherché de nouveaux moyens d'obtenir des matériaux moins chers, par exemple en recherchant des fournisseurs alternatifs ou en adoptant des techniques d'achat différentes. De fait, ces prix sont restés en-dessous de la barre de l’inflation US, malgré une légère augmentation due à l’intégration des nouveautés pour le Block 4.
Le lot 18 concerne notre pays, il porte sur un montant de 11,76 milliards de dollars pour construire pas moins de 145 F-35, est techniquement approuvé et va être signé ce printemps. Le lot 19, lui, est déjà sur les rails avec une augmentation de la production à 150 appareils et sera signé cet automne. La question d’une éventuelle augmentation des coûts liée à l’inflation pourrait concerner les lots 20 et 21. Pour autant, ce n’est pas dans l’intérêt du gouvernement US qui pousse à la réduction des coûts en continu.
Trump peut-il influencer les coûts ?
Les surcoûts peuvent en revanche toucher les pays investisseurs (R&D) dans le programme F-35 (trois cercles). Par exemple, le Canada, qui verse en moyenne 700 millions de dollars US par année. L’administration Trump peut, à travers les pressions des taxes douanières, vouloir faire pression pour une augmentation de la participation. La Suisse n’est pas concernée.
Dans notre cas, le gouvernement Trump n’a pas respecté l’accord d’État à État (FMS) signé à l’époque, une première plutôt désagréable. Washington a invoqué un article de la Constitution afin de nous faire payer la différence sur les mises à jour de l’avion au standard Block 4. Ce surcoût ne touche pas l’ensemble du contrat, mais uniquement le prix par avion « nu » sans équipement connexe, soit environ 20 %.
Augmenter la TVA, une erreur
Le gouvernement souhaite augmenter la TVA de 0,8 point. La proposition est mise en consultation. Elle sera soumise au peuple, probablement à l'été 2027. Si elle est approuvée, l'augmentation entrerait en vigueur en 2028. Cette proposition de financement ressemble un peu au vote soumis au peuple en 2014 sur le « fond Gripen » largement refusé. On peut se demander si le gouvernement a tiré tous les enseignements de ce vote ? La proposition actuelle n’a que peu de chances d’aboutir, si ce n’est en direction d’un échec.
L’avenir ?
Il faut réfléchir au besoin d’une seconde tranche de F-35, soit 10 à 12 appareils ainsi qu’un complément avec des drones furtifs de type Loyal Wingman (CCA). Ceci offrirait un complément parfaitement moderne avec un coût sensiblement moindre.
Lien sur la défense sol-air Patriot




Commentaires