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US Navy, qui pour remplacer le « Goshawk » ?

L’US Navy cherche depuis un certain temps à remplacer sa flotte actuelle d’avion école BAE/Boeing T-45 « Goshawk ». Un choix aurait pu être fait depuis quelques mois, mais de nouvelles exigences sont apparues retardant d’autant la décision.

La réflexion

Pour l’US Navy, il s’agit de trouver un remplaçant qui puisse également être utilisé pour la formation des pilotes du Corps des Marines et être utilisé depuis un porte-avions dans le cadre du programme Undergraduable Jet Training System (UJTS). Or, cette question est bouleversée par le fait que les actuels Lockheed Martin F-35 sont capables d'atterrir automatiquement sur un bâtiment de surface tout comme le sera le futur appareil de combat de 6 ème génération F/A-XX. L'USN souhaite savoir quels appareils peuvent intégrer des technologies avancées, telles que le mode d'atterrissage de précision, qui est utilisé pour aider à poser le Boeing F-18E/F « Super Hornet » et le F-35C sur les porte-avions. Le futur avion doit être doté d'un système automatique d'évitement des collisions au sol (GCAS). Les avionneurs en concours devront démontrer de quelle manière leur avion gère les forces d'atterrissage à taux de descente élevé, caractéristique de la formation à l'atterrissage sur le pont court d'un porte-avions. la Navy désire un avion d'entraînement à réaction basé à terre capable de pratiquer l'atterrissage et le décollage de simulation sur des porte-avions nucléaires d'ici 2028 ou plus tôt, selon une demande de renseignements mis en ligne le 14 mai 2020.

En termes de caractéristiques, le futur avion devra voler 400 heures par année et être capable de supporter des atterrissages simulés sur porte-avions et sur terrain à un rythme de 1’200 par avion par an. L’avion doit pouvoir effectuer des atterrissages par « touch-and-go » 45 fois par an. L'avion doit avoir une durée de vie en vol d'au moins 14’400 heures et être capable de supporter 43’200 atterrissages.

L'avion devrait avoir un plafond opérationnel de 41’000 pieds. Il devrait être capable de vitesses supérieures à 600 nœuds (1’111 km/h).

De fait le futur avion école ne serait conçu pour se poser sur porte-avions mais devrait être capable de supporter des atterrissages répétés sans appontage pour pratiquer le profil de vol et de l’approche. Cette nouvelle approche nécessite davantage d’ingénierie et de développement pour l’avion candidat.


Le nouveau calendrier

Selon le nouveau calendrier de la Navy l’attribution de contrat est prévue dans les meilleurs délais pour 2026. La Navy désire un minimum de 145 avions avec une production à plein régime de 25 par an. Cela ferait de ce concours le deuxième plus grand effort d'acquisition d'aviation, derrière son programme F/A-XX de 6 ème génération.


Les concurrents

Trois concurrents sont identifiés pour le programme UJTS, il s’agit de Boeing/Saab avec une version spécifique du T-7 « Red Hawk », de Textron Aviation Defence et Leonardo s'associés pour proposer le M-346N et de Lockheed Martin, Korea Aerospace Industries et Red 6 avec le TF-50N.


Boeing/Saab T-7B « Red Hawk »

Boeing Co. est en pourparlers pour remplacer l'avion d'entraînement vieillissant T-45 avec une version adaptée de son T-7. Le T-7B « Red Hawk » de Boeing/Saab dérivé du T-7A de l’US Air Force comporte une double queue, un grand cockpit avec une excellente visibilité. Des éléments de type LERX ont été repris de la famille F/A-18 « Hornet ». Le T-7A dispose d’un seul moteur General Electric F404 également utilisé sur le "Hornet" et le "Gripen". Boeing affirme que la conception et la performance de l'avion à double-queue fourni un excellent contrôle, et une très bonne stabilité pour le ravitaillement. Darryl Davis, le président de Boeing's Phantom Works, a déclaré que l'avion a été conçu pour répondre à toutes les exigences du programme, et a noté qu'il offrira un angle d'attaque haut (AoA) et de haute performance en matière d’accélération. Boeing a également souligné que la conception du poste de pilotage offre un positionnement idéal pour l'instructeur avec une très bonne visibilité, tant pour l'instruction en vol que pour la formation avancée en combat aérien visuel. L'offre de Boeing/Saab utilise un cockpit moderne, semblable à celui d'un combattant, avec un écran reconfigurable à grande surface (LAD) qui imite ceux trouvés dans le F-22 et le F-35 et le nouveau Gripen E. Le « Red Hawk » est également compatible avec les lunettes de vision nocturne. Le Boeing/Saab T-7A est doté d'une capacité interne de ravitaillement en vol et il dispose d’un point d'ancrage central pour transporter des équipements connexes comme des nacelles.


Textron Aviation Defence / Leonardo M-346N

Textron Aviation Defence et Leonardo s'associent pour proposer le M-346N, une version modifiée du M-346 opérant dans plusieurs pays dont l'Italie, la Pologne et Singapour. Il s'agit de la dernière itération du M-346 proposée pour les services américains après que Leonardo l'ait proposé seul pour le programme TX de l'US Air Force. Le nouvel accord intervient trois mois seulement après que Leonardo a annoncé un accord similaire avec Airbus pour proposer le M-346 en Europe en préparation du futur système aérien de combat européen. L’avion dispose de cinq points d’emport externes et pourra tirer des bombes à guidages laser et GPS. Par ailleurs une liaison de données Link16 et un nouveau système de communication sécurisé sont installés. L’empennage horizontal est entièrement mobile et l’appareil, biplace en tandem, repose sur un train d’atterrissage tricycle. Les deux réacteurs Honeywell/ITEC F124-GA-200 de 2'880 kgp sont produits sous licence par Fiat-Avio. Le M-346 dispose d’un groupe auxiliaire de démarrage (APU) MicroturboRubis. Le cockpit est pressurisé et climatisé sous une verrière articulée à droite, doté de sièges éjectables « zero-zero » Martin-Baker Mk16D. Il dispose également d’un système embarqué de génération d’oxygène (OBOGS) éliminant le besoin de bouteilles, d’écrans multifonctions et d’un affichage HUD (Head Up Display), d’un équipement digital « Fly-by-Wire »

Dernièrement, l’avionneur a testé le prototype du M-346FT pour le largage de bombes de type Mk82 de 500lb, ainsi que des bombes « Lizard » d’Elbits Systems. Les essais ont également montré la possibilité d’installer un pod canon de 12.7mm et des roquettes guidées.


Lockheed Martin Korea Aerospace Industries et Red 6

Lockheed Martin en collaboration avec Korean Aerospace et Red 6 a également soumis la variante TF-50N pour le programme d'entraînement de l'US Navy. Le TF-50N est configuré de manière unique pour répondre à plusieurs missions de la marine américaine, notamment la qualification de pilote à l'atterrissage, l'air adverse, l'entraînement/poursuite et le substitut tactique. L'intégration technologique initiale comprend un démonstrateur T-50 et la technologie Red 6 ATARS qui est mise en réseau électroniquement avec la suite logicielle de simulation Lockheed Martin Prepar3D. Cette première solution d'ingénierie offre à Lockheed Martin et Red 6 une expérience supplémentaire dans l'intégration de simulations qui pourraient éventuellement comprendre une formation intégrée pour le programme T-50 et des systèmes de formation au sol. Le T-50 est un appareil école non armé, alors que le modèle FA-50 dispose d’un radar de tir israélien Elta EL/M2032, mais fabriqué sous licence en Corée du Sud par Lignex. Le T-50 « Golden Eagle » et largement dérivé du Lockheed Martin F-16 « Fighting Falcon » et dispose de nombreuses similitudes, les ingénieurs de KAI se sont largement inspirés de la production sous licence des F-16 pour la ROKAF. La gamme T-50 dispose par contre d’une avionique entièrement coréenne, mais couplée à un certain nombre d’élément d’origine américaine comme le GPS fournit par Honeywell.

En ce qui concerne l’avionique, le FA-50 dispose de deux écrans multifonctions en couleurs, d'un HUD et d'un système de manette HOTAS, d'une centrale inertielle laser/GPS Honeywell H-764G de CDVE à triple redondance et il est doté pour l’instant d’un radar Israélien Elbit EL/M-2032 à antenne mécanique.

Le plafond pratique est de 14.600 mètres (48.000ft) et la cellule est prévue pour une de durée de 8000 heures de vol. Question motorisation les deux versions sont dotées d’un General Electric F404-102 à double flux-produit sous licence par Samsung Techwin.


Photos : 1 T-45 « Goshawk » @ Navy 2 T-7B @ Boeing 3 M-346N @ Textron Leonardo 4 TA-50 KAI



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