Pentagone, l’E-7 « Wedgetail » à nouveau dans les plans !
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« Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », pourrait-on dire au Pentagone ! Après l’éviction du programme du nouvel avion d’alerte lointaine E-7, le voici de retour.

Le futur E-7 de l'USAF @ Boeing
Le revirement initial
Tout semblait fonctionner aux États-Unis avec un premier contrat en 2024 d’un montant de 2,6 milliards de dollars passé entre l’US Air Force et Boeing pour les deux premiers prototypes de l’E-7 « Wedgetail », avec une livraison initiale prévue pour l’exercice 2028. Avec une prévision des commandes additionnelles pour un total de 26 E-7 pour remplacer la flotte vieillissante d’E-3 AWACS. Ce faisant, l’avion avait été sélectionné par l’OTAN en novembre 2023 comme digne successeur du « Sentry ». L’Australie, la Turquie, l’Angleterre et la Corée du Sud étant eux-mêmes des clients de l’avion.
Mais au printemps 2025, la douche froide est venue de l’US Air Force qui a purement et simplement annoncé l’annulation du programme Boeing E-7 « Wedgetail » dans sa nouvelle demande de budget pour l’exercice 2026, arguant que l’avion ne peut pas survivre dans un espace aérien contesté. L’analyse de l’USAF faisant suite aux pertes d’avions A-50 « Mainstay » russes dans le conflit avec l’Ukraine et l’arrivée progressive d’avions de 5ᵉ et bientôt 6ᵉ génération dans un espace toujours plus contesté et complexe.
Cette vision de l’évolution de la bataille aérienne a été reprise et appuyée politiquement par l’administration Trump qui a signalé son opposition au programme. Au lieu d’utiliser une plate-forme d’avion dédiée qui couvre un théâtre de combat. Une situation qui a chamboulé les plans de l’OTAN sur le remplacement de sa flotte de E-3.
Un budget pour 2027
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a convenu d’un nouveau changement de vision en répondant à une série de questions de la part du représentant républicain de l’Oklahoma Tom Cole au Sénat, qui s’inquiétait du manque de vision face au besoin de remplacement des actuels E-3 « Sentry ». Pete Hegseth a confirmé que le Pentagone travaille dorénavant à modifier son projet de budget pour l'exercice 2027 afin de demander un nouveau financement pour les avions d'alerte précoce et de contrôle aéroportés E-7 » Wedgetail ».
La version originale ne demandait pas d'argent pour E-7, ce qui avait soulevé la perspective d'un nouveau combat avec le Congrès sur l'avenir du programme. Les législateurs sont intervenus plus tôt cette année pour inverser une précédente tentative de plomber définitivement le programme « Wedgetail ». Le secrétaire Pete Hegseth, auparavant un défenseur de l'annulation, a affirmé que « l'état d'esprit » de son département a maintenant fondamentalement changé sur cette question.
Nouvelle architecture
L’US Air Force devrait donc voir son architecture de détection être composée à l’avenir non seulement de nouveaux satellites, de drones de reconnaissance de nouvelle génération ainsi que d’une flotte de Boeing E-7 « Wedgetail » dont la dotation finale doit encore être redéfinie. Le tout fonctionnant en réseau avec les F-35 et dans un avenir plus lointain le F-47.
Adaptation de l’E-7 pour l’USAF
Les plans du E-7 étant en phase de relance, l'US Air Force (USAF) envisage à nouveau une variété de mises à niveau de capteurs et de suites de guerre électronique sur l'avion E-7A qui le différenciera des modèles actuels.
L’avionneur Boeing a débuté les travaux de production sur le premier prototype de la flotte, tandis que l’USAF étudie les technologies avancées qu'il pourrait intégrer dans la conception finale. L’un des grands changements pourrait être le remplacement de l’actuel radar Northrop Grumman MESA par une variante de l’équipementier actuellement en cours de tests, l’EMRIS.
Northrop Grumman Corporation a réalisé la première campagne de vol de son capteur intégré multifonction reconfigurable à balayage électronique EMRIS (Electronically-Scanned Multifunction Reconfigurable Integrated Sensor).
Les vols ont été menés en partenariat avec des organismes gouvernementaux, et un avion fourni par ces derniers a été utilisé pour démontrer la capacité d'EMRIS à intégrer et à reconfigurer rapidement des applications tierces en temps réel. L'entreprise n'a pas précisé le modèle de l'avion d'essai. Le capteur intégré multifonction reconfigurable à balayage électronique (EMRIS) est un capteur à bande ultralarge conçu pour améliorer les capacités des plateformes militaires. Développé dans un souci d'agilité et d'adaptabilité, le réseau actif à balayage électronique (AESA) entièrement numérique lui permet d'exécuter simultanément plusieurs fonctions critiques : radar, guerre électronique et communications. Ces fonctions étant séparées sur l’actuel MESA, la nouvelle version portée par l’EMRIS simplifierait les modes d’engagement tout en les rendant plus rapides et fiables.
Et l’Otan ?
Le précédent revirement de Washington avait poussé une partie des membres de l’Otan à réfléchir à une solution alternative telle que le système proposé par l’avionneur suédois Saab avec le GlobalEye. Il va être intéressant de voir comment ces pays vont réagir ces prochains mois. On peut effectivement penser qu’une flotte mixte composée de E-7 et de GlobalEye puisse voir le jour. Pour autant, les améliorations prévues pour l’E-7 et un futur gouvernement américain moins versatile pourraient jouer en faveur du « Wedgetail », sachant que les Britanniques et les Turques sont déjà en possession de l’avion.




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