Les premiers F-35 sont arrivés en Belgique !
- Avia news

- 13 oct.
- 5 min de lecture
Les premiers F-35 commandés par la Force aérienne belge sont arrivés ce lundi après-midi à la base aérienne de Florennes (province de Namur). La première escadrille (1 Sqn) de Florennes, la plus ancienne de Belgique, est la première unité belge à pouvoir voler sur ces nouveaux avions de combat et marque ainsi le retrait des F-16 « Fighting Falcon ».

Arrivée à Florennes @ FAB
Étape finale
Commandés en 2018, ces avions de cinquième génération sont décrits comme des bijoux de technologie, suite à l’appel d’offres lancé en 2017 pour renouveler la flotte belge d’avions de chasse. En 2018, le choix du F-35 du constructeur américain Lockheed Martin est dévoilé par le Premier ministre de l’époque, Charles Michel, lors d’une conférence de presse. Le modèle américain est présenté par Steven Vandeput, alors ministre de la Défense, comme la meilleure option : "On constate que sur les sept critères : l’utilisation, le prix, la facilité de déploiement, l’entretien ou encore le retour sociétal, sur tous ces critères, le F-35 est le meilleur."

En vol @ FAB
En 2021, la ministre de la Défense de l’époque, Ludivine Dedonder (PS), avait assuré que les autorités ont réussi à négocier des retombées économiques pour les entreprises belges de l’ordre de 400 millions d’euros pour la fabrication de pièces.
La Belgique signe alors un contrat pour l’achat de 34 avions de combat de cinquième génération pour un montant de 3,6 milliards d’euros. Huit des F-35 commandés par la Belgique se trouvent déjà sur la base aérienne de Luke, dans l’État américain de l’Arizona. Ce gigantesque site se présente également comme le centre international de la formation sur le Lightning II, ayant accueilli la formation de trois quarts du total des pilotes du modèle. Ces appareils resteront sur place pour former les pilotes de chasse et les techniciens belges à l’utilisation de l’avion.
Cérémonie d’accueil
La base aérienne de Florennes et la Défense belge en général vivent cette journée comme un moment historique. Trois appareils sont arrivés à Florennes à 15 H 10 sous les yeux des représentants gouvernementaux ainsi que de commandants de forces aériennes européennes et notamment de Sa Majesté le Roi Philippe « Roi des Belges ». Un large public civil et de spotters étaient également venus admirer les nouvelles montures. Les trois appareils ont effectué une série de passages à basse altitude avant de se poser.
Les F-35 belges sont équipés de la dernière mise à jour du logiciel TR-3, qui comprend notamment le renouvellement des ordinateurs, des processeurs et de l’écran dans le cockpit. Cette mise à jour a également entraîné un retard dans la première livraison de l’appareil.
La base de Kleine-Brogel (Limbourg) accueillera ses premiers F-35 en 2027.
Un F-35 resté aux Açores
Les avions militaires sont partis du Texas la semaine dernière et ont fait une escale aux Açores. Mais un des 4 appareils est resté sur place, une alarme s'étant déclenchée. Pour la Défense, il s’agit surtout d’une "incertitude technique" et préfère jouer la sécurité. L'avion devrait rejoindre la Belgique très prochainement.
La formation

Formation aux USA @ FAB
Lorsqu’il s’est installé dans le cockpit du F-35 pour réaliser son premier vol, le lieutenant-colonel Pierre-Yves Libert, commandant de détachement, était très concentré. Il se souvient : "J’étais tellement focus que je ne peux pas dire que j’en ai profité. Je ne pensais qu’à une seule chose : ne pas faire de bourde", nous glisse-t-il en avril dernier alors qu’il est sur la base Luke Air Force à Phoenix en Arizona pour achever sa formation. Il ajoute : "Il y a moins de bruit dans le cockpit du F-35 que dans ma voiture ou sur ma moto. C’est un cockpit très agréable."
L’avion est agréable à piloter, le principal atout du F-35 est bien sa furtivité, le fait qu’il soit peu détectable par les radars alors que son prédécesseur, le F-16, était lui systématiquement repéré. Grâce à cela, les pilotes peuvent s’approcher au plus près d’une menace tout en limitant la prise de risques. Le F-35 peut également embarquer des armes à l’intérieur de l’appareil, ce qui permet là aussi de réduire sa détection.
L’avion est également connu pour être bourré de capteurs. Un avantage en vol, mais aussi lors des entretiens. C’est ce que précisait, en avril dernier, le major d’aviation Loïc Van Himst, directeur des opérations de maintenance, lui aussi présent sur la base Luke Air Force : "Il y a plein de senseurs qui collectent toute une série d’informations sur la santé de l’avion. Cela permet au technicien de travailler de manière plus ciblée et donc plus rapidement. Sur le F-16, on devait tout démonter. Ici, ce n’est plus le cas."
La composante Air belge a franchi une étape décisive dans la transition vers le F-35A Lightning II, la formation des pilotes de chasse ne se fait plus sur F-16 mais directement sur le nouvel avion de 5ᵉ génération. Les premiers détachements belges suivent leur cursus sur la base aérienne de Luke AFB en Arizona, où sont également formés les pilotes d’autres pays utilisateurs du F-35. Les F-35A belges stationnés sur place ont déjà dépassé 1 000 heures de vol dans le cadre de cette phase d’instruction. L’objectif est de former à la fois des pilotes-instructeurs et des équipages opérationnels pour assurer le retour en Belgique et l’intégration progressive dans les escadrons nationaux. Cette évolution marque un changement doctrinal et logistique majeur, impliquant des investissements financiers importants mais considérés comme nécessaires pour exploiter pleinement le potentiel du F-35 et maintenir l’interopérabilité au sein de l’OTAN.
Luke AFB, située en Arizona, est aujourd’hui le principal centre international de formation sur F-35A. Il dispose d’instructeurs expérimentés issus de l’US Air Force et des forces aériennes partenaires, ainsi que d’un grand nombre de simulateurs haute fidélité qui permettent d’accomplir plus de la moitié du cursus sans voler.
Le cursus complet dure environ 9 à 12 mois pour un pilote expérimenté et davantage pour un élève pilote. Il comprend la formation théorique sur les systèmes de l’avion, la familiarisation avec les tactiques spécifiques, le combat aérien au-delà de la portée visuelle (BVR) et les missions air-sol, y compris dans des scénarios OTAN.
La Belgique y a déployé plusieurs de ses propres F-35A et pilotes-instructeurs pour accélérer la montée en puissance. Ces appareils ont déjà cumulé plus de 1 000 heures de vol d’entraînement, démontrant la montée en régime du programme.
Le cursus complet dure environ 9 à 12 mois pour un pilote expérimenté et davantage pour un élève pilote. Il comprend la formation théorique sur les systèmes de l’avion, la familiarisation avec les tactiques spécifiques, le combat aérien au-delà de la portée visuelle (BVR) et les missions air-sol, y compris dans des scénarios OTAN.
La formation initiale n’est qu’une étape. Les pilotes de F-35 doivent suivre un entraînement récurrent et des mises à jour logicielles fréquentes, car l’appareil évolue rapidement par blocs successifs (Block 4, Block 4.2, etc.).
Ces évolutions intègrent de nouveaux armements, de meilleures capacités de détection et des améliorations de la connectivité. Chaque mise à jour requiert des périodes d’adaptation et parfois des sessions supplémentaires en simulateur.
Le maintien des compétences dépend aussi du nombre d’heures de vol annuel par pilote. Les standards OTAN recommandent au moins 150 à 180 heures de vol par an pour maintenir un niveau opérationnel élevé, complétées par un nombre comparable d’heures en simulateur.

Entraînement aux USA @ FAB
Commande additionnelle
Le ministre de la Défense, Théo Francken, confirme sa pleine confiance dans l’avion américain. Une nouvelle commande de F-35 supplémentaires a d’ailleurs été passée cet été.
Dans le cadre de la nouvelle Vision stratégique de la Défense, validée par le Conseil des ministres mi-juillet, 11 F-35 supplémentaires ont été commandés.
Remerciement : service de presse de la Force aérienne belge







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