L’Inde à bord du FCAS avec la France ?
- Avia news

- il y a 2 minutes
- 3 min de lecture
Et si l’Inde devenait le nouveau partenaire de la France sur le FCAS à la place de l’Allemagne ? Un tel rapprochement est en discussion et nous allons le voir, il y a de l’intérêt des deux côtés.

FCAS aux couleurs indiennes ?
L’Inde en difficulté
La volonté politique indienne d’obtenir une autonomie en matière d’avions de combat n’est décidément pas encore pour demain. Le Tejas MK1 ne trouve pas de client à l’exportation et le nouveau standard MK2 souffre de retard. Concernant le projet ambitieux du futur AMCA, l’avion de 6ᵉ génération, les défis sont énormes et le manque d’expérience indien en la matière se fait cruellement sentir.
Ajouter à cela la mauvaise nouvelle de la semaine avec l’accord de coopération militaire entre le voisin et ennemi pakistanais avec la Turquie et l’Arabie saoudite, qui permettra notamment de coopérer sur l’avion de combat turc, le KAAN. Une situation qui isole un peu plus New Delhi dans la région. La Chine, autre ennemi potentiel, étant alliée du Pakistan, ne l’oublions pas.
La providence française
L’Inde se doit de réagir et vite, et l’option française parait la plus probable sur deux plans. Le premier, la modernisation à court moyen terme de l’Indian Air Force (IAF) avec le gros contrat « Rafale ». La France a de son côté finalisé sa dernière offre, soit 114 avions dans une fourchette de 35 à 39 milliards de dollars qui inclut la production de 94 avions en Inde. Certes, il semble que l'Inde se soit vu refuser l'accès au code source du Rafale, notamment à ses systèmes électroniques principaux et à la suite de guerre électronique SPECTRA. Sans cela, l'armée de l'air indienne ne peut ni modifier l'avionique de manière indépendante, ni intégrer des armements de conception nationale, ni mettre en œuvre de futures mises à niveau. Toute modification importante nécessiterait une coordination avec Dassault et Thales. Paris doit protéger ses systèmes, garder la main et on le comprend. New Delhi est dans l’urgence afin de combler ses besoins pour les 15 prochaines années, pour cela, elle doit faire vite.
Le contrat Rafale devient une évidence, peu importe la perte d’un appareil et l’endommagement d’un second. Cette future dotation permettra également d’assurer le lien avec un avion plus moderne qui doit arriver plus tard. Le calendrier de l’AMCA étant très difficile à tenir, il faut à l’Inde une solution de secours.
La réflexion
C’est ainsi que vendredi, le ministère indien de la Défense a annoncé, dans un rapport de la Commission parlementaire permanente de la défense à New Delhi, avoir entrepris des démarches concertées pour rejoindre le programme d'avion de combat de sixième génération FCAS (Future Combat Air System), mené par la France à travers Dassault Aviation. Cette décision vise à garantir des capacités avancées de sixième génération, notamment la mise en réseau des systèmes de combat dans le nuage et les systèmes sans pilote collaboratifs, tout en comblant le déficit de 13 escadrons de chasse au sein de l'armée de l'air indienne. Ce rapprochement stratégique fait suite à l'arrêt du développement conjoint franco-allemand d'un avion de combat en juin 2026, ouvrant ainsi des perspectives de codéveloppement et de coopération industrielle pour New Delhi.
L’intérêt franco-indien
Outre, une grosse commande pour le Rafale, Dassault Aviation pourrait trouver en Inde une solution intéressante. Le FCAS va coûter cher, très cher. On avance près de 80 milliards d’euros en recherche et développement (R&D) d’ici 2040. Le premier standard du FCAS disponible devrait coûter entre 50 et 60 millions d’euros plus cher que le Rafale actuel. L’Armée française ne pourra en acheter qu’un lot limité. L’Inde se positionnera en tant que sous-traitant coopérant, laissant aux équipes de Dassault le « leadership » sur le projet. La fabrication d’éléments en Inde pourrait permettre de réduire les coûts ou du moins de les freiner. Côté indien, le retour d’expérience dans la coopération sera bénéfique pour l’industrie et l’avenir. À ce prix, l’autonomie indienne peut encore attendre.




Commentaires