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Premiers contrats industriels pour le Rafale F5

il y a 6 minutes
3 min de lecture

Avec le retrait de l’Allemagne dans le programme SCAF, Paris mise sur l’accélération du futur standard F5 du Rafale. Il s’agit d’une évolution attendue au milieu de la prochaine décennie et qui couvrira jusqu’en 2060.

Le F5 pour être doté d'un CCA @ Dassault aviation


La base industrielle

La France a commencé à sécuriser la base industrielle du Rafale F5, en attribuant plusieurs contrats à l'avionneur Dassault Aviation, Thales, MBDA France et Safran Aircraft Engines pour des technologies destinées à moderniser l’avion afin de répondre à un environnement aérien de plus en plus contesté.

Dirigé par la Direction générale des armements (DGA) de la France, le programme F5 représente une mise à niveau majeure de la quarantaine axée sur le combat collaboratif, la capacité de première entrée et une plus grande survie. Le ministère français de la Défense a déclaré que les travaux commandés sont prévus pour la fin de cette année. La norme devrait être qualifiée à partir de 2033, avant d'entrer en service auprès de l'armée de l'air et de l'espace françaises, puis de la marine française.

 

Le standard F5

Dassault Aviation développera un système de navigation inertielle à gyroscope hémisphérique résonnant (HRG) conçu pour une très faible dérive et qui améliorera la précision de navigation à grande distance. Thales a été engagé pour développer la liaison de données inter-véhicules (IVDL), un nouveau système de communication furtif, résilient et à grande vitesse, soit une forme d'onde discrète et résistante aux brouillages pour étendre la connectivité Rafale. Il est conçu pour permettre aux aéronefs de fonctionner et de communiquer efficacement dans les zones hostiles où le brouillage électronique est répandu, tout en maintenant la qualité de la communication entre les aéronefs. Thales développera également le radar à balayage électronique à 2 plans eXtended Generation (RBE2-XG), une évolution majeure du radar AESA RBE2. Le RBE2-XG fournira une puissance et une portée de détection nettement plus grandes, tout en améliorant l'identification des cibles avec des sections radar extrêmement faibles. Sa capacité de calcul améliorée favorisera une plus grande intégration de l'intelligence artificielle.

Le radar est également conçu pour un combat collaboratif, avec des capteurs capables de travailler ensemble sans nécessiter d'interaction directe avec le pilote. Il conservera la taille du RBE2 tout en augmentant la résilience, y compris contre les cybermenaces, et est destiné à répondre aux exigences opérationnelles à partir de 2035.

Thales et MBDA France amélioreront la suite d'autoprotection SPECTRA, le système recevra des capacités de détection et de brouillage améliorées grâce à une architecture plus entièrement numérique. La refonte vise à contrer l'augmentation de la densité et l'élargissement du spectre des menaces, ainsi que les formes d'onde des menaces de plus en plus complexes attendues d'ici 2035.

 

Safran Aircraft Engines a reçu un contrat pour la phase de conception préliminaire du M88 T-REX, qui est destiné à augmenter la poussée maximale d'environ 20 %, passant de 7,5 à 9 tonnes, améliorant ainsi les marges de performance pour les charges utiles plus lourdes et l'accélération. De plus l’amélioration moteur fournira plus d’électricité pour les systèmes ainsi qu’un refroidissement plus puissant.

 

Dissuasion nucléaire

La mise à niveau du F5 vise également à renouveler la capacité nucléaire aéroportée de la France grâce à l'intégration du missile ASN4G. L’avion devra conserver la capacité d'être le premier à entrer dans les théâtres d'opérations hostiles, reflétant l'évaluation de la France selon laquelle les missions futures nécessiteront de plus en plus d'opérations contre la défense aérienne sophistiquée et l'environnement de guerre électronique Combat connecté et équipé de drones.

Rafale F5 amènera l’avion en une plateforme de combat en réseau, qui ajoutera des capacités assistées par l'IA, un assistant virtuel à bord et des interfaces pilotes avancées, tout en permettant des opérations collaboratives avec un drone de combat furtif lourd à ailier de type drone collaboratif (CCA).

 

Le coût

Le développement du Rafale F5 est estimé à près de 5 milliards d’euros, une facture que la France assume seule depuis le retrait des Émirats. Paris fait face à de fortes contraintes financières et veut réduire son déficit, alors qu’un nouvel avion de prochaine génération attend lui aussi un financement.

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