Ottawa s’intéresse au GCAP !
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Ottawa s’intéresse de près à l’avion de combat de 6ᵉ génération GCAP, une initiative à long terme en vue d’établir une possible acquisition future et d’établir des lignes directrices pour l’avenir de sa force aérienne.

Premier observateur
Le Canada a ainsi conclu un accord pour rejoindre le Programme mondial de combat aérien (GCAP) en tant que premier observateur officiel, établissant un cadre pour accéder à l'intelligence classifiée sur l'initiative trilatérale de chasseurs furtifs de sixième génération. En vertu de cet accord, Ottawa s’assure l'accès aux spécifications techniques, aux paramètres de sécurité et aux pistes de développement technique sans s'engager à des investissements financiers initiaux, à des configurations de partage de travail industriel ou à des obligations de traité souverain. Cette étape stratégique permet au gouvernement canadien d'évaluer les options d'approvisionnement aérospatial à long terme pour l'ère post-2035 tout en préservant ses investissements de ressources pour l'intégration de sa flotte de F-35A.
L’officialisation devrait avoir lieu lors du salon aéronautique international de Farnborough qui se tiendra du 20 au 24 juillet prochain par le ministre canadien de la Défense David McGuinty, le secrétaire britannique à la Défense Dan Jarvis, le ministre italien de la Défense Guido Crosetto et le ministre japonais de la Défense Shinjiro Koizumi. L'admission du Canada est le premier élargissement officiel du GCAP depuis la création du GCAP en décembre 2022 grâce à la fusion de l'effort Tempest du Royaume-Uni et du programme F-X du Japon, avec la participation de l'Italie en tant que membre fondateur égal.
L'entrée du Canada est la première expansion formelle au sein du programme GCAP depuis la création du programme en décembre 2022 en combinant le projet « Tempest II » du Royaume-Uni avec l'effort de chasseurs F-X du Japon et en intégrant l'Italie en tant que partenaire égal. Le statut d'observateur donne au Canada l'accès à des informations sur les programmes sélectionnés et aux discussions au niveau du gouvernement, mais il ne donne pas d'autorité sur la configuration de l'aéronef, les exigences de la mission, la politique d'exportation ou les contrats déjà attribués entre les trois pays fondateurs. L'adhésion totale nécessiterait l'approbation unanime de Londres, Rome et Tokyo, suivie d'amendements au traité de l'Organisation gouvernementale internationale (GIGO) et de négociations couvrant le financement, la propriété intellectuelle, les contrôles à l'exportation, les procédures de sécurité et la participation industrielle. Le Canada devrait également définir s'il avait l'intention de devenir un partenaire de développement, un participant à la production, un client d'exportation ou une combinaison des trois. L'entrée en tant qu'observateur permet à Ottawa d'évaluer ces options sans imposer d'exigences canadiennes pendant la phase où les membres fondateurs tentent de verrouiller la configuration de l'avion.
Une vision tournée vers l’avenir
Cette annonce a déclenché plusieurs réactions au pays de la feuille d’érable. Et notamment au sein d’anciens membres de l’Aviation royale du Canada (ARC) qui y voient l’opportunité de définir « enfin » une feuille de route tournée en direction de l’avenir et de sortir des tergiversations politiques actuelles. Pour eux, l’Arc doit maintenant opter pour une flotte totalement moderne avec le F-35 tout en préparant l’arrivée d’un avion de 6ᵉ génération à l’aube de 2040 avec, pourquoi pas, le GCAP. Sachant qu’il n’est pas certain que Washington offre à terme un dérivé du F-47 en version export. L’avion de 6ᵉ génération va coûter cher, très cher. On estime les premiers modèles à près de 250 millions de dollars l’unité (tout équipé, armement, carburant), soit 70 à 80 millions de plus qu’un F-35 actuel. L’idée avancée est de doter l’Arc d’un noyau central de F-35 qui serait ensuite épaulé par un nombre réduit de GCAP. Ce dernier apportant notamment des capacités à long rayon d’action et d’endurance, des communications sécurisées, une couverture des capteurs et la capacité d’opérer avec les forces américaines et alliées,
En parallèle, ces mêmes personnalités évoquent les opportunités pour les entreprises canadiennes qui pourraient obtenir des contrats dans plusieurs domaines tels que : la simulation, la formation, l’avionique, les logiciels, les capteurs,
Pour autant, Ottawa devra déterminer si l’accès industriel et la capacité opérationnelle justifient les coûts d’une possible adhésion à un programme dont les dépenses de développement et d’approvisionnement s’étendront sur plusieurs décennies, comme le F-35. Jusqu’à ce que cette décision soit prise, le statut d’observateur donne au Canada un accès anticipé à la planification des programmes pendant qu’il continue d’introduire le F-35A et évalue comment les chasseurs habités, les avions collaboratifs, les systèmes d’alerte avancée aéroportés, les ravitailleurs et les armes à longue portée devraient être combinés après 2035.
