Le Canada va recevoir son premier F-35 !
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Alors que le sujet est politiquement brûlant avec Washington, les Forces armées canadiennes participent cette semaine à une cérémonie pour célébrer l’arrivée imminente de leur premier appareil de type F-35.

Le premier F-35 canadien en phase finale d'assemblage @ LM
L’évènement sous tensions
L’événement, qui a eu lieu aux installations de Lockheed Martin au Texas, survient au moment où l’avenir du programme de remplacement des CF-18 est en péril en raison du différend commercial entre le Canada et les États-Unis. En effet, c’est de manière assez discrète au vu de la situation politiquement tendue que L'Aviation royale canadienne (ARC) a franchi une étape historique avec la cérémonie de livraison officielle de son premier chasseur furtif F-35 Lightning II.
Cette livraison représente une étape cruciale du plan de plusieurs milliards de dollars du Canada visant à moderniser sa flotte de chasseurs vieillissante et à renforcer sa contribution au NORAD et à l’OTAN. Malgré les récents débats sur la taille de la flotte et les contraintes budgétaires, l’arrivée de cet appareil de cinquième génération souligne l’engagement d’Ottawa à maintenir la supériorité aérienne et l’interopérabilité avec ses plus proches alliés. Lors de la cérémonie, des représentants gouvernementaux et militaires ont insisté sur le fait que le F-35 fournira aux pilotes canadiens la technologie de pointe nécessaire pour défendre la souveraineté de l’Arctique et répondre à l’évolution des menaces mondiales pour les décennies à venir.
Le premier F-35A Lightning II du Canada est officiellement entré en assemblage final dans les installations de Lockheed Martin à Fort Worth, Texas, marquant une étape tangible dans un programme de défense qui reste politiquement et stratégiquement en cours d’examen à Ottawa. Alors que des questions subsistent quant au sort à long terme de la flotte canadienne prévue de 88 chasseurs furtifs de cinquième génération, la réalité physique sur le plancher d’usine raconte une histoire plus claire et plus immédiate : l’Aviation royale canadienne se prépare à recevoir un avion qui redéfinira son aviation de combat pour des décennies. Le début de l’assemblage final marque la transition des composants vers un avion entièrement intégré, où les sections du fuselage, l’avionique, les revêtements furtifs et les systèmes de mission convergent pour former un avion de guerre pilotable. Pour le Canada, ce moment porte un poids symbolique. Cela démontre que, malgré des frictions diplomatiques avec Washington et un examen ordonné par le gouvernement de l’approvisionnement plus large, le premier appareil est désormais passé du stade d’abstraction et est solidement intégré dans le pipeline de production.
Un dossier qui avance
Si la pression d’Ottawa dans les négociations met en avant un possible revirement avec une flotte mixte composée de F-35 et de Gripen E, on ne peut passer sous silence que la formation des pilotes canadiens a débuté ainsi que le personnel au sol et que des bases aériennes comme Cold Lake et Bagotville subissent d’importantes améliorations aux normes spécifiques du F-35.
Le ministère canadien de la Défense nationale a décrit cet événement comme mettant en lumière « une autre étape importante de la production », un langage soigneusement choisi qui équilibre engagement institutionnel et prudence politique. Pour l’ARC, cependant, le message est plus simple : l’appareil arrive, et les préparatifs sont déjà bien avancés. Nous avons ici la contradiction du langage politique face à la réalité technique.
Le Canada a signé un contrat de 14,2 milliards de dollars US avec Lockheed Martin en janvier 2023 pour acquérir 88 chasseurs F-35A répartis en quatre tranches s’étendant jusqu’en 2032. Cette sélection a suivi une longue compétition dans le cadre du Future Fighter Capability Project, où le F-35 a finalement remporté l’emporte sur le Saab Gripen E, le Dassault Rafale et l’Eurofighter Typhoon ayant également été évalués plus tôt dans le processus.
La revue annoncée en 2025 n’a pas arrêté l’activité de production pour la première tranche. La ligne de Lockheed Martin à Fort Worth, qui dessert plusieurs clients alliés, fonctionne sur des délais à long terme difficiles à mettre en pause sans conséquences financières et diplomatiques majeures. En conséquence, le premier avion canadien est passé sans interruption à l’assemblage final, avec des livraisons initiales prévues plus tard en 2026.
Cet élan en avant place Ottawa dans un dilemme familier en matière d’approvisionnement en défense. Annuler ou réduire les commandes futures peut satisfaire des objectifs politiques à court terme, mais le faire après le début de la production risque de créer des coûts unitaires plus élevés, une participation industrielle réduite et une interopérabilité affaiblie avec les alliés.
Bataille politique
Cette étape importante en production a ravivé le débat à Ottawa. Le député conservateur Jeff Kibble s’est exprimé avec force pour exhorter le gouvernement à poursuivre l’acquisition complète, arguant que le F-35 est « le seul appareil capable d’assurer les opérations requises » par l’ARC et ses alliés. S’exprimant à la Chambre des communes, il a présenté la question comme une question de nécessité opérationnelle plutôt que de préférence politique, mettant l’accent sur les attentes alliées et les exigences déclarées de l’armée de l’air.
Bien que le gouvernement n’ait pas encore divulgué les conclusions de son examen, de nombreux analystes de la défense estiment que le Canada poursuivra finalement la majeure partie de l’achat. Les options alternatives évaluées plus tôt nécessiteraient de rouvrir les compétitions, de renégocier les compensations industrielles et d’accepter des compromis d’interopérabilité à un moment où l’intégration alliée devient de plus en plus cruciale.
Le gouvernement Carner se trouve dans une situation complexe et va devoir prendre définitivement position et ceci rapidement.







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