G7, entraînement franco-suisse !
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Dans le cadre de l’organisation du G7 à Evian en juin prochain, l’Armée de l’air et de l’espace française et les Forces aériennes et spatiales suisses se sont entraînées dans un but de coopération de police du ciel.

La collaboration fonctionne toujours bien @DDPS
Exercice SWATCH
C’est en toute discrétion que mardi 21 avril les deux nations se sont retrouvées dans le cadre de l’exercice bi-annuel SWATCH. Cet exercice de coopération de la police du ciel avait pour thème le G7 organisé du 15 au 17 juin, à Évian. Chaque année, et au moins deux fois par an, la France s’exerce avec ses voisins dans le cadre de la police du ciel. Dans ce contexte, le Commandement de la Défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) joue un rôle central en assurant la cohérence et la continuité de la mission de Défense aérienne, y compris au-delà des frontières nationales. Un processus bien rodé permet au de garantir la continuité opérationnelle indispensable face à des menaces aériennes par nature mobiles et transnationales. La commune d’Évian-les-Bains se trouvant aux portes de la Suisse, il était de rigueur de simuler un exercice grandeur nature, à deux mois du G7
Du côté français, des Mirage 2000-5 de la base aérienne 116 de Luxeuil ont été sollicités dans le cadre de l’exercice. Il est 13h30. Dans une partie de la War Room du CAPCODA sur la base aérienne (BA) 942 de Lyon-Mont Verdun, tous les yeux sont rivés sur les écrans géants où est en train de se dérouler le scénario fictif. C’est depuis ce centre névralgique que le CDAOA suit en temps réel la situation aérienne et en analyse chaque évolution. Sur les écrans, un aéronef perce le ciel suisse et se rapproche de la frontière française. Au téléphone, les autorités militaires du centre de contrôle aérien de Dübendorf en Suisse préviennent leurs homologues du CAPCODA qu’un de leur F-18 escorte un aéronef sans plan de vol et ne répondant pas à la radio. L’aéronef faisant route vers l’ouest, il se rapproche dangereusement de la Zone d’interdiction temporaire (ZIT) représentée par un cercle rouge sur le radar. L’avion n’ayant toujours pas changé de trajectoire, l’ordre est donné par le chef de conduite de déclencher le Mirage 2000-5 de la permanence opérationnelle de la base aérienne 116 Luxeuil-Saint-Sauveur. C’est alors que les accords de transfrontaliers de défense aérienne entrent en jeu.
« Concrètement, lorsqu’un avion de chasse suisse escorte un avion de ligne en panne radio à proximité de la frontière et que ce dernier peut continuer jusqu’en France, alors ces accords précisent comment l’avion de chasse français peut pénétrer l’espace aérien suisse », détaille le colonel Thomas.
En attendant la PO de Luxeuil, les aéronefs suisses traversent donc la frontière française afin de garder un contact visuel avec le plastron. À Lyon, le chef de conduite de l’exercice, la haute autorité de Défense aérienne (HADA) et les deux officiers de liaison suisses échangent sur les suites de l’engagement de la PO alors que l’avion se rapproche de la ZIT. Également présent en War Room, le référent défense sol-air du CAPCODA étudie la possibilité en cas de menace réelle de faire appel à un renfort venu du sol. Pour l’exercice, un Crotale est simulé sur la zone pour ainsi se rapprocher d’un maillage type de DPSA où les avions de chasse et hélicoptère de la PO travaillent en symbiose avec la défense sol-air et les équipes de lutte anti-drone pour assurer une bulle de protection complète. Cette intégration multi-milieux illustre la capacité du CDAOA à coordonner une défense aérienne globale, intégrant l’ensemble des capacités disponibles. L’aéronef se situant au-dessus de la France, c’est aux autorités françaises et plus précisément à la HADA de prendre une décision. Cette dernière, directement rattachée au Premier ministre, est chargée de mettre en place les mesures coercitives de dernier recours contre un avion menaçant. Cette chaîne, extrêmement bien rodée, permet en tout temps et en tout lieu d’assurer la protection du territoire et des Français.
« Les accords internationaux n'autorisent pas l'utilisation d'armes par des moyens situés au-dessus du territoire étranger, détaille le lieutenant-colonel Jascha directeur de l’exercice pour la partie suisse. Concrètement, les moyens français ne sont autorisés à utiliser des armes que s'ils sont sous contrôle français et sur le territoire français. Lorsqu'un événement se déroule à proximité immédiate d'une frontière nationale, les règles d'engagement doivent être définies par le pays voisin. Cette situation rend la communication entre les autorités de contrôle particulièrement urgente et nécessite un entraînement approfondi. »
Un tir de somation par le Mirage 2000-5 est donc ordonné par la HADA et l’aéronef, devenu coopératif, est dérouté vers un aérodrome à proximité.
Cet exercice à quelques mois du G7 illustre l’importance de la préparation face à l’ensemble des menaces dans un environnement complexe et partagé. Le CDAOA y commande et conduit les opérations en reliant et en coordonnant l’ensemble des moyens engagés. Il permet ainsi à chacun d’agir de manière cohérente et efficace au service de la protection de la France et des Français, dans et par les airs. (Sources : Armée de l’air et de l’espace française).




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