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F-16 en Ukraine, entre espoir et complexité !

C’est fait Washington a donné son feu vert au transfert d’avions de combat Lockheed Martin F-16 « Fighting Falcon » du Danemark et des Pays-Bas en direction de l'Ukraine, de la Norvège et la Belgique. On parle de 61 aéronefs pour instant. Retour sur cette bonne nouvelle, mais qui mettra du temps à se concrétiser.

Satisfaction à Kiev

L'Ukraine plaidait depuis longtemps pour recevoir des avions de combat occidentaux, peu importe le modèle. L’objectif étant de donner à sa force aérienne un avantage certain dans le ciel en vue d’appuyer les combats au sol. Ce sont d’ailleurs les difficultés rencontrées dans l’actuelle contre-offensive, qui ont permis de débloquer la situation. Il faut comprendre que les opérations menées à ce jour au sol ne bénéficient pas d’une couverture aérienne, plaçant les troupes ukrainiennes à la merci de l'aviation et surtout de l'artillerie russes bien embusquées. Si les pilotes d'hélicoptères d'attaques font ce qu’ils peuvent jusqu’à aujourd’hui, une arrivée d’avions de combat modernes pourrait changer l’équilibre actuel qui est faveur de la Russie.

Pour le Président Zelensky, la décision d’autoriser le transfert d’avion de combat F-16 est en soi « un tournant » dans le conflit, car une guerre moderne ne peut être gagnée sans l'aviation.

La formation prendra du temps

Au-delà de l’effet d’annonce positive pour le peuple ukrainien et son armée, il faut maintenant regarder ce qui les attends. D’une part, les F-16 seront livrés à l'Ukraine une fois la formation des pilotes terminée, l'armée de l'air ukrainienne attendra encore plusieurs mois avant d'utiliser les avions de chasse. La raison en est que plusieurs pays d’Europe attendent de recevoir le nouveaux F-35 avant de livrer leurs F-16 d’occasions. Ensuite, la formation du personnel ukrainiens au sol sera longue est complexe, sans parler des pilotes. Plusieurs problèmes ont été identifiés : pour l’instant seuls 6 pilotes, soit environ la moitié d'un escadron, ont été identifiés pour suivre le premier cycle de formation qui devrait durer 6 mois pour atteindre le niveau de base minimum pour engager le F-16. On parle ici de pilotes avec un bon bagage en matière d’heures de vols. Il faudra de l’avis d’un instructeur de F-16 de l’USAF encore 2 à 3 mois d’instructions pour cette première volée avant de pouvoir correctement défendre le ciel d’Ukraine, soit en juin 2024.

Un second lot de 6 pilotes est identifié, mais il faut au préalable améliorer leur compréhension de la langue anglaise avant débuter la formation.

Pour la suite les choses se compliquent, car les pilotes suivants sont jeunes avec très peu d’expérience. On parle ici d’une formation qui devrait durer jusqu’à 18 mois au moins. Pour l’USAF, il se pourrait donc qu’il faille attendre plusieurs années avant que les forces ukrainiennes puissent démontrer leur "compétence" avec suffisamment de F-16.

Il faut ajouter à cela la formation des mécaniciens et ceci dans divers domaines. Là, encore la transition en direction de matériels occidentaux ne sera pas une partie de plaisir. Entre la phase de formation élémentaires pour la familiarisation et la phase d’application près de 8 à 10 mois seront nécessaires pour des mécanos déjà chevronnés.


Mais comme si les choses n’étaient pas déjà compliquées, il faudra entretenir ces avions non pas en mode paix, mais bien en temps de guerre. Belle résilience que celle des équipes de femmes et d’hommes qui composent l’armée ukrainienne.


Conclusion

Si l’arrivée des F-16 est fort attendue, il faudra être patient avant de les voir se battre contre l’agresseur. L’apport sera lui très important pourrait bien rebattre les cartes. Mais attention, un système d’arme seul ne peut rien faire, seul un ensemble de systèmes parfaitement coordonnés peuvent donner des résultats. Méfiez-vous des pseudo « Game Changer ».


Photo : 1 F-16 danois 2 Zelensky dans un F-16 danois @ Reuters

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