Belgique, le F-35 progresse vers sa capacité opérationnelle !
Moins d’un an après l’arrivée des premiers appareils à Florennes, la Force aérienne belge poursuit la montée en puissance du F-35 à travers des déploiements, des essais et une coopération internationale renforcée.

Un des nouveaux F-35 livré @ FAB
Un premier test grandeur nature
La Force aérienne belge a récemment testé, pour la première fois avec le F-35, le déploiement complet de cette nouvelle capacité. L’exercice ne concernait pas seulement les avions : il mobilisait aussi le personnel, la logistique, les infrastructures et les systèmes d’information sécurisés nécessaires aux opérations.Un centre d’opérations mobile, installé dans plusieurs conteneurs, occupait une place centrale. Planificateurs de mission et spécialistes y préparaient les vols et échangeaient les informations essentielles de manière sécurisée avant, pendant et après chaque mission. Les pilotes disposaient ainsi de données constamment actualisées. Ce test prépare un second exercice, qui prévoit un déploiement complet à l’étranger. Il doit rapprocher la Défense de la capacité opérationnelle initiale (IOC), stade auquel l’ensemble du dispositif F-35 pourra mener ses premières missions opérationnelles.
La flotte continue de s’étoffer
Le 17 septembre, trois nouveaux F-35A ont rejoint la base aérienne de Florennes, portant à sept le nombre d’appareils en service au sein du 2e Wing tactique. Leur transfert vers l’Europe a été organisé conjointement par la Belgique et la Finlande depuis l’usine Lockheed Martin de Fort Worth, au Texas.Un huitième appareil destiné à Florennes devrait arriver avant la fin de 2026, selon le calendrier des convoyages transatlantiques. Cette livraison marque une nouvelle étape dans le développement progressif de la capacité F-35A de la Composante Air. Elle confirme la transition vers une nouvelle génération d’avions de combat, appelée à jouer un rôle central dans la défense aérienne, la dissuasion et l’interopérabilité au sein de l’OTAN.

Atterrissage aevc le DCS @ FAB
Essais du parachute de freinage
Comme la Norvège, la Finlande, le Danemark, les Pays-Bas et la Suisse, la Belgique a choisi d’équiper ses F-35 d’un parachute de freinage. Appelé « Drag Chute System » (DCS), ce dispositif augmente fortement la traînée aérodynamique et réduit ainsi la distance d’atterrissage. Il peut être utilisé sur une piste courte ou glissante, notamment enneigée, lors d’un atterrissage à masse ou vitesse élevée, ou en cas de problème de freins. Il complète les freins de l’appareil et le crochet d’arrêt. Logé dans un module situé au-dessus de la tuyère, entre les dérives, le parachute est largué en bout de piste, puis récupéré, reconditionné et réinstallé.

En vol @ FAB
WIC 2026 : une coopération renforcée
Pour la première fois, des pilotes belges récemment formés sur F-35 ont participé à un exercice international. Le WIC 2026 réunit pilotes, techniciens et spécialistes pour préparer et exécuter des missions complexes. Dans ce cadre, six pays mettent en commun certaines capacités de leurs flottes, soit plus de 150 appareils.
Cette coopération s’appuie sur l’accord permanent « Capacity on Call ». Son objectif dépasse l’entraide ponctuelle : il vise à harmoniser les procédures afin que les partenaires puissent exploiter et entretenir leurs F-35 de manière plus intégrée.
Le dispositif repose sur trois piliers : l’interfly, qui permet à un pilote d’utiliser l’appareil d’une autre nation, le cross-servicing, qui autorise des techniciens alliés à en assurer la maintenance et le weapons cross-loading, qui facilite l’emploi de munitions issues de stocks différents.
Cette intégration est déjà concrète, le Danemark utilise cinq F-35 fournis par la Norvège, tandis que les équipages et spécialistes de plusieurs pays appliquent des procédures communes.
Le 17 septembre, l’arrivée de pilotes finlandais et de l’U.S. Air Forces in Europe (USAFE) a marqué une nouvelle étape. Six nations ont ainsi opéré dans une même configuration, démontrant leur capacité à partager des moyens aériens et humains au-delà des frontières.
Premiers retours des pilotes belges
Les pilotes et l'Armée de l'Air belge considèrent le F-35A comme un bond technologique majeur et indispensable face aux menaces actuelles, tout en reconnaissant qu'il exige une adaptation profonde :
Un atout tactique exceptionnel : Les pilotes soulignent que la fusion des capteurs, la furtivité et la conscience situationnelle sans précédent offrent une liberté d'action et une connectivité bien supérieures à celles des anciens F-16.
Adaptation et apprentissage : Le premier contact avec le flux de données et la complexité de l'appareil peut s'avérer déstabilisant. Les aviateurs insister sur le fait qu'il ne faut pas piloter un F-35 avec les réflexes du F-16, ce qui demande une autodiscipline, une étude et une rigueur constantes.
Défis d'entraînement liés au territoire : Les pilotes et la Défense notent que l'espace aérien belge (trop restreint) ne permet pas de déployer pleinement les capacités de l'appareil lors des entraînements avancés, ce qui oblige à délocaliser les vols d'exercice (notamment à la base de Luke en Arizona ou via des coopérations avec des pays alliés). En même temps cela oblige à travailler davantage avec les voisins et permet un approfondissement des connaissances plus rapide et plus structuré.
Adéquation stratégique : L'avion est jugé parfaitement adapté pour faire face aux menaces modernes, comme celles venant de la Russie, confortant les choix d'investissement de la Belgique dans sa flotte (basée notamment à Florennes).





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