Mitsubishi F2, du désastre à la réhabilitation !
C’est une belle histoire que celle des Mitsubishi F2 engloutis partiellement sous la boue à la suite du tsunami de 2011, dont un certain nombre ont retrouvé leur pleine capacité grâce à un travail acharné.

Le premier remis en service @ JASDF
La catastrophe
Le tsunami du 11 mars 2011 qui a dévasté les côtes japonaises et a eu également des effets dévastateurs à la base aérienne de Matsushima. Pas moins de 18 avions de combat Mitsubishi F2B ont été submergés par une vague de boue et d'eau de mer de plusieurs mètres de hauteur qui a envahi la base et propulsé les appareils contre les bâtiments. Les images qui ont suivi la catastrophe avaient fait le tour du monde et beaucoup pensaient que ces appareils ne révoleraient jamais et seraient conduits à la casse. Normalement, un avion de combat supersonique complètement immergé dans l'eau de mer et la boue est mort pour toujours.Mais c'était sans compter sur l’optimisme et la volonté japonaise. Si 5 appareils ont été déclarés irréparables (le coût des réparations excédant leur valeur) et ont été mis au rebut, il en a été autrement pour les 13 autres.

Les dégâts du tsunami @ JASDF
La rémission
Immédiatement après le tsunami, des aviateurs de l'US Air Force de la 35ᵉ escadre de chasse basée à Misawa se sont précipités à Matsushima pour aider leurs homologues japonais afin de pomper l'eau des hangars et de laver le sel corrosif des cellules avant que le métal ne se corrode. Puis, des ingénieurs japonais et américains de Mitsubishi et Lockheed Martin ont passé quatre ans à démonter, nettoyer, reconstruire et recâbler les 13 jets noyés pièce par pièce. Le 22 avril 2015, le premier F-2B ressuscité a rugi de nouveau dans le ciel et s'est posé à la base aérienne de Misawa sous les applaudissements du personnel japonais et américain. L'eau de mer peut rouiller le fer. Elle ne peut pas rouiller le lien entre les hommes qui l'ont construit.L’ensemble du lot a été finalisé en état de vol en 2018.
Mitsubishi F2B

Mitsubishi F2 @ JASDF
Le Mitsubishi F-2 est un avion de combat multirôle japonais construit par Mitsubishi. Il est basé sur le F-16 de Lockheed Martin, compagnie qui est un important sous-traitant de Mitsubishi sur le F-2. Il est parfois surnommé Vipère Zéro par ses pilotes. En vue de remplacer le Mitsubishi F-1, une étude de faisabilité est réalisée en 1985. Les exigences décisives pour le futur avion étaient la capacité de transporter quatre missiles antinavires sans limitation du facteur de charge de -3 à +9 G et d'atteindre un rayon d'action de combat d'au moins 450 milles marins. L'industrie aéronautique japonaise aurait pu développer un appareil de conception purement nationale, mais devant les coûts et la pression des États-Unis, on le conçoit dès la fin des années 1980 sur une base de transferts technologiques américains du projet Agile Falcon du F-16 Block 40, retenu en 1987.
Les Américains ayant refusé de divulguer le code source du contrôle de vol du F-16, les Japonais durent utiliser les données des tests avec un Mitsubishi T-2 CCV (ControlConfiguration Vehicle) modifiée. Le système de commande de vol modifié devaittenir compte, entre autres, de la masse au décollage supérieure de 3,2 tonnes,de la plus grande surface de l'aile, de l'aérodynamique modifiée et de laposition du centre de gravité. Des problèmes de flottement et de délaminagedans certaines parties de l'aile ont entraîné une prolongation des tests en vol(initialement prévus jusqu'en 1998) jusqu'en décembre 1999.
Le premier prototypeMonoplace, désigné YF-2A, a effectué son premier vol le 7 octobre 1995. Lesecond appareil, biplace et baptisé YF-2B, a pris son envol pour la premièrefois le 2 avril 1996. Deux autres prototypes ont été construits.
Il est capable d'emporter.des équipements électroniques de nouvelle génération et spécialisés dans lesmissions d'attaque au sol, en priorité l'attaque à la mer avec jusqu’à quatremissiles antinavires ASM-1 ou ASM-2, conçus par Mitsubishi et ayant des portéesrespectives de 50 et 150 km. Il utilise largement des matériaux composites, cequi lui confère une certaine furtivité passive. De plus, sa configuration avecune surface alaire supérieure de 25 % et un plus grand empennage que celui d'unF-16 classique lui procure une excellente manœuvrabilité.
Il a été équipé àl'origine du premier radar à balayage électronique actif embarqué par un avionde combat, le J/APG-1 (en), fonctionnant en bande X, et d'une suite de guerreélectronique de Mitsubishi Electric, d'un affichage tête haute (HUD) de Shimadzu,d'écrans multifonctions (MFD) de la société Yokogawa, d'un système denavigation inertielle et Gyrolaser) de Japan Aviation Electronics (en).
Sa configuration estquasiment identique à celle du F-16 traditionnel. Il possède une aile plusgrande en matériaux composites et son fuselage est rallongé de 40 cm. Il estpropulsé par un réacteur General Electric F110-GE-129 construit sous licencepar IHI. Comme il s’agit d’un avion multirôle, son armement est varié : canonM61A1 Vulcan de calibre 20 mm, missiles air-air AIM-7F/M Sparrow, AIM-9LSidewinder, Mitsubishi AAM-4, missiles air-surface Mitsubishi ASM-1 et ASM-2.
En 2012, il a été décidéde moderniser 60 appareils avec des radars J/APG-2 AESA employant latechnologie GaN, pouvant tirer pleinement parti des performances du missileair-air AAM-4B et du missile antinavire ASM-3. En 2023, il est annoncé uneModernisation pour l'emport en 2029 du missile antinavire Type 25.
Remerciements : Shinichi Tatsumi pour m’avoir compté cette histoire.





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