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Mitsubishi abandonne les avions de lignes !

Dernière mise à jour : 8 févr.

La nouvelle est en soi un petit séisme, l’avionneur japonais se retire du secteur des avions de ligne, mettant un terme à l'initiative public-privé visant à développer une industrie locale. Cette décision met fin à l’ambitieux programme du Mitsubishi Regional Jet (MRJ), un appareil qui était très attendu.

La fin d’un rêve

Le développement du MRJ était considéré comme un projet majeur pour Mitsubishi. Il aurait également été le premier avion de ligne de production nationale développé au Japon depuis le YS-11, qui a effectué son premier vol en 1962. La première livraison de la compagnie était prévue pour 2013, à All Nippon Airways au Japon. Mais cette échéance a été repoussée six fois car l'entreprise était confrontée à des problèmes, notamment un manque de capacités techniques. À son apogée, Mitsubishi Aircraft employait environ 1 ‘000 personnes, y compris des ingénieurs étrangers, mais ce nombre est tombé à environ 100 ces derniers mois. Au Etat-Unis l’avionneur japonais à dernièrement fermé son site destiné aux vols d'essai, en mars. Son budget de développement pour l'exercice 2021 à 2023 était d'environ 20 milliards de yens, considérablement réduit d'environ 370 milliards yen au cours des trois années précédentes.


Les coûts de développement, initialement estimés à 150 milliards de yens, ont grimpé à environ 1 000 milliards de yens. Mitsubishi Heavy Industries a déjà enregistré des pertes de valeur liées aux actifs liés au MRJ au cours de l'exercice clos en mars 2020.


Comment en est-on arrivé là ?

L’avionneur japonais a donné quelques pistes qui vont au-delà de la des difficultés du financement de base. Les ingénieurs ont dû faire face à divers problèmes, comme un important défaut du système de climatisation qui aurait dû être revu. Des problèmes de logiciels ont ralenti le programme et obligés à réviser des éléments de la conception d'origine. De plus, il aurait fallu augmenter le financement en vue de la certification pour l’emploi de carburant « bio » et d’une manière générale de la certification auprès des différents régulateurs.


Rachat du CRJ

En 2019 Mitsubishi Heavy Industries (MHI) rachète la gamme d'avions régionaux CRJ de 50 à 100 sièges de l’avionneur canadien Bombardier.

Le montant de l'opération s'élèvera à 550 millions de dollars en liquidités. A cela, viendra s'ajouter le versement par l'entreprise nippone à Bombardier de 200 millions de dollars pour couvrir « des passifs » liés au développement du CRJ. Avec ce rachat le constructeur japonais mettait la main sur les activités de maintenance, de soutien, de remise à niveau, de marketing et de vente du programme, situées au Canada (Montréal, Québec, Toronto) et aux Etats-Unis (Bridgeport en Virginie-Occidentale et à Tucson en Arizona). Cette action devait permettre de développer et compléter la structure du programme MRJ d’une part et de l’autre de faire son entrée sur le marché de l'aviation civile, tout en éliminant son principal concurrent. Lancé il y a 30 ans, le CRJ dominait le marché des avions régionaux, avec plus de 2’000 exemplaires en service à travers le monde. Un marché que Bombardier avait d'ailleurs contribué à révolutionner en étant le premier à lancer des jets régionaux de 50 sièges face aux avions à hélices. La chute du MRJ entraîne également une partie des acquis de la chaîne du CRJ. Pour autant le stock de pièces détachées et de service de la maintenance va continuer à fonctionner.



L’avenir

Pour autant le groupe Mitsubishi Heavy Industries (MHI) va rester un important acteur du secteur de l'industrie aéronautique, car ce dernier et un grand fournisseur de composants et de services pour l’aviation. Par ailleurs, sa filière militaire et engagée dans le programme GCAP de développement d'ici 2035 d'un avion de combat de nouvelle génération réunissant le Japon, le Royaume-Uni et l'Italie.


Photo : Prototype du MRJ lors d’un vol d’essais @ HMI

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