Le Japon a présenté son Kawasaki EC-2 AEW !
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L’Armée de l’air japonaise a présenté à travers différentes photos officielles son nouvel avion de guerre électronique Kawasaki EC-2. L’avion doit venir remplacer l’ancien EC-1 datant de 1986.

Le vilain canard
L’avion est basé sur une cellule de Kawasaki C-2, soit un avion de transport. L’EC-2 est conçu pour brouiller les radars et les communications tout en opérant à distance de sécurité. Au total la Force d’autodéfense japonaise (JASDF) prévoit d’en acquérir quatre. En plus de l’avion de guerre électronique EC-2, la cellule du C-2 a déjà été adaptée pour la variante RC-2 de renseignement électronique conçue pour la collecte de renseignements électromagnétiques. Le RC-2 a effectué son premier vol en 2018. Les essais de la cellule C-2 ont également démontré la capacité d’effectuer des décollages et atterrissages semi-préparés sur des surfaces non goudronnées, augmentant ainsi la flexibilité opérationnelle lors d’opérations d’urgence ou de déploiements sur piste peu préparée.
Cette approche de conception partagée a permis aux deux programmes d’avions de bénéficier de processus de fabrication communs et d’intégration de systèmes. L’avion de guerre électronique EC-2 fait également partie d’un effort plus large visant à étendre les rôles opérationnels du C-2 au-delà des missions de transport. La planification de la défense japonaise a envisagé d’armer l’appareil d’armes de frappe longue portée.
Les premières étapes du programme se sont échelonnées de 2020 à 2026 et visaient à tester la capacité de brouillage à distance contre les liaisons de données et à intégrer plusieurs sous-systèmes de guerre électronique dans une architecture aéroportée unifiée. Une seconde étape de 2023 à 2032 se concentre sur l’affinement des systèmes, l’amélioration de la fiabilité opérationnelle et la préparation de l’EC-2 à un déploiement opérationnel complet. L’appareil intègre une technologie dérivée d’équipements de guerre électronique japonais, notamment le dispositif de contre-mesures électroniques J/ALQ-5 et des systèmes avancés de mesure des ondes radio conçus pour l’intelligence électronique et l’analyse du signal.
Extérieurement, l’EC-2 diffère considérablement des avions de transport standard C-2 en raison de l’installation de grands radômes et de boîtiers d’antenne nécessaires aux équipements de guerre électronique. Le C-2 présente un grand radôme bulbeux sur l’avant du fuselage, comparable en concept à la structure proéminente du nez installée sur l’EC-1. Des renflements sont visibles sur le dessus du fuselage et le long des flancs de l’avion, entre les ailes et les stabilisateurs horizontaux, indiquant la présence de systèmes de surveillance électronique et de brouillage. Ces structures abritent probablement des réseaux d’antennes utilisés pour détecter les émissions radar, analyser l’activité radiofréquence et transmettre les signaux de brouillage (brouillement). Les modifications confirment que l’avion brouilleur à distance C-2 est principalement configuré pour l’attaque électronique et le renseignement Ce qui lui confère cet aspect de « vilain canard ».
Kawasaki C-2

Le C-2 est développé et fabriqué par la société Kawasaki Heavy Industries, il utilise divers nouveaux systèmes d’aéronefs, et son déploiement par les Forces d’autodéfense aérienne japonaises (JASDF) a débuté en mars 2017. Il a été déployé dans les bases de Miho et Iruma.
Doté des technologies les plus avancées, le C-2 vole plus rapidement et atteint une portée supérieure à celle du C-1 et des autres avions de transport appartenant à la JASDF. Avec une soute plus grande que celles des autres, elle peut accueillir des charges plus lourdes, remplissant ainsi un large éventail de missions, telles que les opérations de coopération internationale.
Propulsé par deux turboréacteurs CF6-80C2, l’appareil peut atteindre des vitesses de Mach 0,82 et transporter des cargaisons allant jusqu’à 20 tonnes sur des distances d’environ 7 600 kilomètres. La capacité maximale de charge utile de l’appareil atteint 36 tonnes, permettant le transport d’équipements lourds tels que les systèmes de missiles MIM-104 Patriot ou les hélicoptères H-60. La cellule intègre un cockpit en verre, un système de commande fly-by-wire et un système de gestion tactique de vol destiné à améliorer l’efficacité opérationnelle et à réduire la charge de travail du pilote. Depuis son entrée en service en 2016, l’appareil a été utilisé pour des missions nationales, notamment des opérations logistiques et un soutien en cas de catastrophe. La cellule a également été conçue avec un volume interne et une capacité structurelle suffisants pour supporter des variantes spécialisées de mission.
