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Turquie, des moteurs mais pas de F-16 !

Le feuilleton turc s’ouvre vers une nouvelle saison. D’un côté Ankara a obtenu de Washington l’autorisation pour la coproduction de moteurs General Electric Aerospace GE F-110, mais de l’autre, la vente de F-16 reste très incertaine.

Motorisation du TAI « KAAN »

La Turquie a demandé aux États-Unis l'autorisation de coproduire les moteurs GE Aerospace F-110 utilisés dans les avions F-16, dans le but de les déployer sur son propre avion de combat produit dans le pays. Ankara désire ainsi motoriser les premiers lots de TAI « KAAN » (avianews 01.05.23) avec le moteur américain.

Ce besoin reste cependant temporaire, car Ankara désire son indépendance. Le moteur GE F-110 doit ainsi permettre le développement jusqu'à ce que le pays soit en mesure de développer sa propre motorisation. Le pays espère disposer d’une première version du moteur indigène pour 2028.

Le motoriste britannique Rolls-Royce Holdings Plc est en discussion pour coproduire des moteurs d'avion et, bien que les discussions soient à un stade avancé, les parties doivent encore parvenir à un accord sur la composition d'un consortium. Rolls-Royce a déjà une joint-venture avec le conglomérat industriel turc Kale Group en Turquie, où le futur moteur serait produit si un accord était trouvé.

 Pour l’instant, le feu-vert pour les moteurs F110 par Washington ouvre la voie aux essais du « KAAN » par l’avionneur truc TAI Aerospace. Ces moteurs seront coproduits entre la société turque TUSAS Engine Industries Inc. et GE Aerospace.

 

Incertitudes avec les F-16

 Si la question des moteurs semble maintenant réglée, le dossier des F-16 reste dans l’incertitude. Rappelons que la demande d’exportation portant sur 40 avions de combat Lockheed Martin F-16 Block 70 a été notifiée par Ankara depuis maintenant trois ans et n’a toujours pas été réglée. En comparaison, ce standard de l’avion a été autorisé durant cette période à l’exportation pour plusieurs pays tels que Bahreïn, la Bulgarie, la Slovaquie, la Grèce, Taïwan et la Jordanie. On notera au passage que la Turquie et la seconde plus grande puissance au sein de l’Otan.

 

L’année dernière, le Président Biden avait clairement expliqué que la modernisation des F-16 turcs et l’achat d’un nouveau lot passait indéniablement par l’acceptation de l’entrée de la Suède au sein de l’Otan par Ankara. Or, la Turquie vient de donner son feu-vert à l’entrée de la Suède. Si tout semblait régler, le positon et les méthodes utilisées par Erdogan lors des négociations ont littéralement fâchés l’administration américaines. Certains parlementaires démocrates et républicains n’hésitent pas à parler de chantage en ce qui concerne les méthodes utilisées par Erdogan.

 

Un autre point semble inquiéter les parlementaires américains dans ce dossier. En effet, la modernisation des F-16 turcs et l’achat du standard Block 70 réside dans la classification en tant qu'aéronef de 4,5 générations, attribuée à l'inclusion du radar AESA. Or, le double jeu joué par Erdogan avec la Russie n’est pas pour rassurer à Washington, qui craint un prochain retournement de situation. A force de jouer les opportunistes Erdogan pourrait avoir compromis sérieusement son image de partenaire avec les USA, comme avec d’autres au sein de l’Otan

 

Photos : 1 F-16 turcs @ FAT 2 Moteur F110 @ GE Aerospace 3 TAI KAAN @ TA-

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