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SMASH le tueur de mini-drones !

La guerre en Ukraine a montré l’impact croissant des drones de toutes sortes dont les mini-drones. En Suisse diverses solutions sont testées afin de lutter contre ces engins, l’occasion de présenter le système SMASH. 


Drone en Ukraine


Mini-drones un fléau pour l’infanterie

Chacun a sans doute vu les images de soldats russes ou ukrainiens traqués par des mini-drones emportant des charges diverses, mais néanmoins létales. Des dispositifs de brouillages existent bien et sont engagés avec malheureusement une efficacité douteuse. Les retours d’expériences (RetEx) expliquent ce phénomène. 



Drone lanceur de grenade



D’une part, les systèmes de brouillage portable sur homme existants ne couvrent pas une plage suffisante de fréquences, ce qui péjore leur efficacité face à une multitude de drones conçus civilement ou militairement.  L’emport de plusieurs systèmes pour un simple bataillon alourdit la charge et complique également le déploiement. 

La protection d’un soldat se complique lorsque celui-ci seul ou en petit groupe se retrouve isolé et donc hors de portée d’un système potentiellement neutralisateur de drones. 

Si des systèmes plus lourds sont maintenant disponibles pour les véhicules notamment blindés et permettent une meilleure couverture de fréquence, mais pas encore suffisante, le soldat reste particulièrement exposé.

 

La solution testée via le système SMASH doit permettre si, elle se confirme, offrir une solution simple à chaque soldat améliorant du coup la précision de tir de l’arme personnelle face à la multitude de menaces des petits-drones. Au passage, armasuisse reste très discret en ce qui concerne le dispositif testé pour l’instant. 


Drone terrestre SCARAB


En plus de revêtir un caractère hautement technologique, l’emploi des drones et de leur caméra embarquée s’est avéré très utile dans le cadre de la guerre informationnelle et psychologique qui se joue en parallèle des combats. La menace permanente des drones a un effet profondément déstabilisateur sur le moral des troupes en installant un climat de terreur. Sur le volet informationnel, la capture d’images qu’ils réalisent permet une communication décentralisée largement relayée sur les réseaux sociaux. Les gouvernements ukrainiens et russes peuvent ainsi, grâce à ces images, opter pour de vastes campagnes de désinformation en mesure de revivifier la bataille des perceptions.

 

Important programme anti-drones

L’année dernière un test de lutte contre les drones s’est déroulé à Bure et Payerne, il s’agissait de montrer les limites de la lutte contre ces engins.

Des essais de principe pour la lutte contre les drones ont été réalisés pendant quatre semaines à Bure et Payerne. Les systèmes de lutte anti-drones de deux entreprises ont été testés de manière approfondie au cours des essais afin de montrer les limites de leurs performances. Notamment pour protéger des infrastructures. Cela a permis d’acquérir des connaissances sur l’état de la technologie de lutte anti-drones, apportant ainsi une précieuse contribution au projet d’acquisition en cours. 

 

Les objectifs à court terme sont la mise en place de détecteurs et de systèmes anti-drones pour les infrastructures, les véhicules et la protection individuelle du soldat. La protection contre les drones se prépare à différents échelons et face aux diverses familles de drones air et sol de reconnaissance et d’attaques et kamikazes.

 

En matière d’approche de défensive, le maillage et la superposition de couches offrent un niveau de protection supérieur pour traiter l’ensemble des menaces dans la 3ème dimension. Il nous faut investir dans le développement de plusieurs systèmes de défense pour éviter d’être démunis face à cette menace toujours plus furtive et évolutive. La dépendance des drones au spectre électromagnétique ouvre la voie à des systèmes de guerre électronique pouvant être traités en multifréquences, mais la portée des systèmes de brouillage reste limitée. Loin de constituer une solution permettant d’obtenir un dôme de fer impénétrable, pour la protection de nos zones sensibles. Les fusils anti-drones opérant comme des brouilleurs directionnels sont efficaces, mais ne couvrent pas l’ensemble des fréquences et restent limités. Dans un avenir proche, les armes à énergie dirigée laser/micro-ondes et les drones chasseurs de drones (projet suisse MABULA) sont autant de moyens de défense intégrés qui méritent une attention particulière. Un système de visée pour arme personnelle permettrait de boucler la boucle. 

 

Démonstration de SMASH


Photo non représentive de SMASH


Durant le mois de mai s’est déroulé un test grandeur nature en vue de démontrer une technologie de systèmes de commande de tir pour armes de poing à Walenstadt (SG). L’essai de principe a été réalisé par l’Office fédéral de l’armement armasuisse en collaboration avec l’Armée suisse. L’objectif était de démontrer la performance du système « SMASH » en termes de lutte efficace contre les petits drones. 

Le système de commande de tir de la famille « SMASH » est pour l’instant un démonstrateur de technologie. Il s’agit d’un dispositif de visée pour les armes de poing comme les fusils d’assaut, qui est destiné à combattre des cibles statiques, mais surtout mobiles, avec une probabilité plus élevée de les toucher du premier coup. L’essai réalisé doit permettre d’évaluer qualitativement les performances des technologies de défense contre les drones intégrées dans le système de commande de tir. Le système a été testé dans deux situations présentant des niveaux de difficulté divers. Dans le premier cas, l’accent a été mis sur le taux de réussite pour des cibles au sol statiques et en mouvement, à des distances différentes et avec différentes tailles de cibles. La deuxième situation considérait les coups de feu sur les drones. 


Perspectives

L’essai de principe a eu lieu au profit de l’Armée suisse, des autorités de sécurité suisses et des partenaires des pays DACH (Allemagne, Autriche, Suisse). Dans une étape ultérieure, des spécialistes d’armasuisse Sciences et technologies évalueront les données de manière plus détaillée. L’évaluation doit montrer à l’armée et à ses partenaires les performances du systèmes « SMASH » et servir de base pour un éventuel développement des capacités.  (Sources armasuisse, Conférence Chef service secret ukrainien K. Boudanov).

 

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