Pourquoi Berne ne peut pas acheter de Canadair ?
- Avia news

- il y a 1 jour
- 2 min de lecture
Avec le changement climatique et la multiplication des incendies, notamment chez nos voisins, la dotation de notre pays d’une force équipée d’avions bombardiers d’eau est à nouveau sur la table.

La réponse
Hormis les débats politiques qui animent les sessions du parlement sur ce sujet, la question de l’acquisition d’une telle flotte est tout simplement impossible à l’heure actuelle, simplement car aucun appareil n’est disponible sur le marché. Ce problème touche également nos voisins dont les flottes vieillissantes ne peuvent être remplacées. Pire, la France, qui dispose de 12 De Havilland CL-415 Canadair, n’en avait que cinq opérationnels au début des incendies, et ce à cause d'opérations de maintenance plus lourdes dues à l’âge avancé des appareils.
L’appareil le plus connu et le mieux adapté, le Canadair CL-415 de De Havilland, n'est plus construit depuis 2015. Pour le reste, la flotte se compose d’avions anciens modifiés et pas toujours optimum pour agir en terrain montagneux. Il existe également des kits spécifiques pour adapter les avions de transport militaire comme l’A400M, pour autant l’usage reste limité pour l’instant.
Berne privilégie donc pour l’instant les hélicoptères de l’armée appuyés le cas échéant par des modèles civils.
Est-il possible d’envisager un tel achat à l’avenir ?
Potentiellement, la porte est ouverte, mais il faudra attendre l’arrivée de nouveaux aéronefs pour constituer une force de bombardiers d’eau. Celle-ci sera mixte avec des flottes d’hélicoptères, ceux-ci assurant les opérations au plus près des feux tandis que les bombardiers d’eau devront se réapprovisionner sur les grands lacs du pays, les petites surfaces étant inadaptées. Une évaluation devra être faite afin de répondre aux besoins spécifiques liés à notre topographie.
Derniers éléments, le recrutement des pilotes et la formation passeront par des stages à l’étranger, le salaire en vigueur devra être à la hauteur des risques, auquel cas la pénurie se fera sentir comme chez certains de nos voisins.
Les remplaçants potentiels
Plusieurs avionneurs travaillent à la nouvelle génération de bombardiers d’eau :
Le Canadien De Havilland avec LE DHC-515, une version légèrement modifiée de l'appareil originel, le CL-415, il représente la solution la plus avancée, mais l’avion ne sera disponible qu’au plus tôt en 2029 si tout va bien.
En France, deux projets sont en développement avec le Frégate F100 d'Hynaero et le FF72 de Positive Aviation, avec une disponibilité à partir de 2032 au plus tôt. En Belgique, la startup Roadfour travaille sur son Seagle depuis 2018, la production n’est envisagée pas avant 2030.


Commentaires